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Episodes virtuels - Fanfics

Torchwood Sans Dessus Dessous - TSDD - Part Two

Créateur : evalyre 
Date de création : 31.07.2015 à 22h26

Message du créateur :
Fanfiction libre. Le but est d'écrire une histoire un peu, voire même très rocambolesque. Toutes les informations et consignes sont sur le forum, partie "cafet" - topic du même nom! A v

Cet épisode compte 11 paragraphes

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Jeu n°5

Mots imposés :

Moussaka

orgue

tournevis

horloge

panneau

tyrolienne

Fanfic

Perpignan

caleçon

Docteur Emmett Brown


evalyre  (31.07.2015 à 22:32)
Message édité : 31.07.2015 à 22:59

Premier paragraphe de ce nouveau TSDD! A vous :)!

***

50 nuances d'aubergines

***

Roald Dahl Plass. Une des zones les plus connues de la capitale du Pays de Galles, Cardiff. Tous les jours, des dizaines de passants, hommes et femmes, adolescents et enfants, cyclistes ou piétons, la traversaient pour se rendre au travail, flâner, ou s'y donnaient rendez-vous. Le lieu grouillait constamment de vie, carrefour central du tourisme cardiffien. Qui aurait cru que sous cette place constamment en activité se dissimulait le centre d'opération d'une des organisations les plus secrètes au monde?

Ce n'était pas comme si cette dernière cherchait à attirer l'attention. Seul un petit panneau portant la mention 'office de tourisme' indiquait la présence du bureau tenu consciencieusement par Ianto Jones. Approchons-nous lentement pour observer celui-ci dans son élément de travail. Un comptoir lustré, des séries de prospectus triés par type d'activité, lieu et langue, un ordinateur, des stylos et plans de la ville constituaient le matériel de l'agent chargé de tenir la couverture de la base. Un costume trois-pièce toujours impeccable, des cheveux parfaitement coiffés et un sourire rivé aux lèvres complétaient le rôl...

"JAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAACK!"


choup37  (02.08.2015 à 15:25)
Message édité : 03.08.2015 à 23:12

 Jack se contorsionna sur sa chaise. Cela faisait une éternité, et non il n'exagérait pas, qu'il travaillait sur divers documents. À vrai dire, il s'interrogeait sur leurs utilités. Ce n'était pas comme s'il devait rendre des comptes à quelqu'un, ni qu'il prendrait sa retraite un jour. En plus, il ne pouvait pas les fourguer à ses employés.

Gwen et Owen avaient chacun une manière de lui faire comprendre que c'était niet. Ianto, ah Ianto, il possédait tellement de moyens de pression à son encontre que le risque n'en valait pas la peine. Quant à Tosh, sa gentillesse était son point faible mais cela lui aurait fait de lui une horrible personne et surtout un horrible chef. Et il se targuait d'être une bonne personne ou du moins quand il y pensait.

Une délicieuse odeur lui chatouilla les narines et il en oublia ses récriminations contre ces abominables feuilles de papier. Le Capitaine reboucha son stylo, rangea sommairement ce qui traînait sur son bureau et se précipita hors de la pièce, à la recherche du dernier plat élaboré par Rhys.

 En effet, Rhys était devenu depuis quelques semaines le cuisiner attitré du Hub. Gwen avait rencontré, par hasard, une ancienne camarade de lycée, Meredith Reese, à présent Delorme suite à son récent mariage avec le fantastique Grégoire. Ladite amie était également merveilleuse. Les liens entre les deux amies s'étaient rapidement renoués et à chaque nouvelle visite, les William-Cooper devait affronter le plus mignon, le plus génial, le plus moderne, le plus parfait couple de la Terre.

Et maintenant la crise grondait au sein du ménage qui cherchait à égaler ce modèle ce qui, au final, l'arrangeait. L'enthousiasme culinaire de Rhys leur assurait d'être bien nourri, un changement agréable de l'italien et du chinois, quant à Gwen, elle portait une attention accrue à son apparence ce qui ne lui déplaisait pas.

Jack avisa le plat entamé qui gisait à côté du micro-onde. Cet espèce de gratin était définitivement alléchant. Il s'empressa de se remplir généreusement une assiette et de la réchauffer.

— Gwen, ta moitié, nous a préparé quoi aujourd'hui ?

Ce fut une voix masculine qui lui répondit.

— Une moussaka, un plat grecque, à base de mouton mais il y en existe une variante turque. C'est une tuerie. Gwen, ton mari ne possède pas qu'un petit cul adorablement rebondi, il est certainement l'un des meilleurs cuisiners que je connaisse.

La tirade fut interrompu par un gémissement obscène d'Owen qui mangeait pendant qu'il palabrait.

— Ces aubergines ont été délicieusement grillées. Et je m'y connais en aubergine. Je suis sortie avec une grecque, vous savez la brune, à la grande taille, lors de cette enquête sur l'invasion de tortues volantes, qui parlait drôlement. Elle était douée en cuisine, et pas que, elle avait ce petit mouvement de langue...

— Owen ! Tout le monde n'a pas envie d'écouter tes histoires de fesses ! Tu pourrais prendre en compte la sensibilité de ton entourage. Quoique, tel l'abruti que tu es, tu ne dois pas savoir la signification de ce mot.

Le médecin cligna des yeux face à l'attaque inattendue de Tosh, puis les choquèrent en déversant des excuses maladroites. Cependant, il continua l'histoire des aubergines, sautant les passages salaces à la déception du Capitaine.

— Je disais donc, elle faisait des aubergines grillées délicieuses. Vous savez avec le juste milieu de croquant et de moelleux...

Un hurlement retentit à travers le Hub, et Jack se demanda comment Ianto pouvait se faire entendre de son bureau, quoique, s'il était capable de lui tirer de tels sons lors de leur ébats, il ne devrait pas être étonné. Il se secoua mentalement la tête, il avait un amant en colère, et il savait pourquoi, à calmer. Il lui fallait un plan. Le bip du micro-onde le ravit. Il s'était servi une part plus que généreuse de la moussaka et il y en avait aisément pour deux. Et ne dit-on pas que le meilleur d'atteindre un homme est de passer par son estomac ?

 Guilleret avec cette partie de plan, l'autre comprenait une dose massive de langues, de salive et de mains baladeuses, Jack rejoignit l'antre de sa moitié, oubliant les élucubrations d'Owen sur les aubergines. Pendant qu'il remontait le long couloir, il picorait dans les assiettes. Le médecin avait raison, Rhys s'était encore une fois surpassé. Il s'arrêta avant de pénétrer dans l'office. Il reprit contenance, adopta une attitude penaude, remua le contenu des assiettes afin de dissimuler son grignotage, et entra dans la salle.

— Ianto, tu as bien fait de m'appeler. C'est l'heure du déjeuner et Rhys nous a cuisiné une moussaka absolument sensationnelle. Owen a raison, ces aubergines sont savoureuses. La nourriture terrienne n'est pas autant fantasque que celle qu'on peut trouver sur certaines planètes. Et je sais de quoi je parle, tu devrais voir la spécialité de Pixaria, ce truc est juste inqualifiable. Bref je m'égare, avec un bon cuisinier, en dépit de son absence d'originalité, la cuisine terrienne est assurément succulente. Il n'y a pas que les aubergines, je viens de la goûter et la combinaison des épices est si subtile. Il faudra que je lui demande lesquelles il a utilisé, tu pourrais en utiliser certaines dans ton curry. Je ne dis pas que ton curry est mauvais, il est fabuleux mais je sens que cela …

Ianto, à la fois décontenancé et furieux, lui plaqua une main sur la bouche et lui désigna d'un geste, un amas de débris qui formaient auparavant un objet tout à fait reconnaissable et en bon état de marche.

Le Capitaine tenta la moue de chiot. Il n'était pas sûr que se soit concluant sur son visage mais la hardiesse était un de ses traits de caractère.

— Je suis désolé, enfin, pas de le casser, je m'en fichai sur le moment. En plus c'est laid. Franchement ton arrière, je ne sais plus quoi, grand-mère avait des goûts, disons le clairement, de chiotte. Je ne dis pas que je le désirais ou que je voulais que tu t'en débarrasse, je comprends son importance, ...

— Tu penses qu'insulter ma famille et avouer que le détruire t'étais égal que tu vas t'en sortir? Que je vais te pardonner ton attitude ? l’interrompit Ianto dont l'expression douloureuse lui tordit l'estomac.

— Je ne voulais pas dire ça !

— Non mais tu le pensais vraiment ! Je me demande ce qu'étais tes vraies justifications. Sûrement aussi pitoyables.

Son compagnon était triste et en colère. Cela serra son cœur. Il avait royalement raté. Il n'était pourtant pas homme à se laisser abattre, ce n'était pas la première fois qu'il y avait un comportement de rustre. Il avait la botte imparable sauf que ce ne fut pas qu'il prévoyait de dire qui sortit de sa bouche.

— Je suis sincèrement désolé. Je n'aime pas cette chose qui reste affreusement laide mais je comprends que tu sois blessé. J'ai dans un des coffres du Hub, le vieux moulin à vent de Gray. Il s'est froissé au fil du temps et les couleurs se sont délavées, c'est un machin minable et moche, mais c'est de la famille. Le souvenir de mon enfance. C'est précieux. Alors je ne suis pas navré de l'avoir cassé sur le moment, j'étais davantage préoccupé par nos activités, mais je ne voulais pas te faire du mal. Je n'aime pas cela. Je préfère te rendre souriant et heureux.

Il n'eut jamais aussi bien compris l'expression «vouloir se cacher dans un trou de souris» de toute sa vie. Le gallois était déconcerté par la confidence de Jack. Cela ne lui ressemblait pas.

 

Jack, lui, analysait la situation. Il n'avait pas donné d'importance aux bizarreries de la scène précédente dans le Hub, mais additionnées à son propre comportement, il remarquait à présent que quelque chose clochait. À Torchwood, on ne pouvait pas mettre cela sur le compte d'une humeur fluctuante, du mauvais temps, des hormones ou autre. Il s'exclama.

— La moussaka ! C'est la moussaka.

— Quoi ? questionna Ianto perdu par ce soudain éclat.

— Tosh, et surtout Owen, était étrange tout à l'heure. Il parlait du «petit cul adorablement rebondi de Rhys» et sérieusement, tu vois Owen dire cela ? Non pas que la remarque sur les fesses de Rhys ne soit pas exacte. Et pas de jalousie, les tiennes sont non seulement moelleuses mais aussi ferme, un idéal mélange entre les deux. J'adore les saisir.

— Jack, remarqua Ianto mi-irrité, mi-amusé. Je crois que tu te perds.

— Ah oui, après cela, il a commencé un discours sur les aubergines. Des aubergines ! Et son ex-petite amie grecque. Je m'interroge d'ailleurs sur ses fameuses...

L'expression de son amant l’enjoignit à ne pas dériver lors de ses explications.

— Je pense qu'il y a quelque chose dans la nourriture qui nous fait dire ce que l'on pense. Sans filtre.

Son compagnon le regardait pas tellement convaincu. Il lui donna au moins le bénéfice du doute.

— Si tu penses que la moussaka de Rhys est mélangé à un philtre de vérité alors donne la à analyser à Owen. On verra bien.

— Je repart dans le Hub, je donne le tout à Owen et je nous commande une pizza.

Sa voix, charmeuse, était légèrement interrogative. Il tenait à son repas en amoureux et à ses galipettes.

— Si tu penses que cela va pardonner le passage sur les goûts de chiotte de mon ancêtre, tu te fourres le doigt dans l’œil.

Le Capitaine n'eut pas l'occasion de répliquer, un homme apparut par la porte de l'office du tourisme, la cloche tintant à son passage.

 Il quitta discrètement les lieux par la porte dérobée. Finalement, ce n'était pas ce qu'il avait prévu mais ce n'était pas si mal. Il était presque absout de ses bêtises et il ne dormirait pas dans le canapé se soir. Sa confession avait touché son compagnon. Indéniablement. Une petite voix au fond de sa tête lui chuchota qu'il était heureux d'avoir partagé ce bout de son passé avec lui, elle lui évoqua même l'idée de lui montrer le moulin à vent. Il balaya la pensée et songea plutôt au programme de la nuit tout en mangeant la moussaka. Après tout, il était déjà atteint et son immortalité l'empêcherait de mourir d'une overdose de drogues. Il n'allait pas gâcher un si bon plat.


Merane  (03.08.2015 à 19:51)
Message édité : 04.08.2015 à 00:46

Part 3, Emmet Brown, mot imposé.

Alors que Jack se délectait du mets de Rhys, Ianto, remonté comme un coucou, fut pile à l’heure pour saluer le visiteur égaré qui s’était avancé vers l’office de tourisme. Les sens en braise, il dissimula son courroux face à l’homme avec un professionnalisme étonnant.

  • Bonjour, Monsieur. En quoi puis-je vous aider ? Dit-il en lui envoyant prospectus et dépliants en pleine tête.

L’inconnu ne fit rien pour rattraper les misérables papiers qui allèrent glisser sans heurt vers le sol. Tout penaud, Ianto sourit timidement.

Les yeux dans les yeux, les 2 hommes se fixèrent pour la première fois. Ianto estima la situation  critique selon ses critères « expulser cet homme vite fait : il est canon ! Tu ne l’auras pas mon cochon ! Il est à moi ! Dégage, touriste à la … »

  • Je viens voir Gwen Cooper. Je suis …
  • Greg !!!! C’est bon de te voir ! Quelle belle surprise !!!

La tornade Gwen Cooper était déjà à enlacer ce Greg de ses tentacules de chair et de kératine (analyse selon Ianto, médusé, ahah). La belle brune faisait danser sa chevelure ébène de façon sensiblement hystérique tout en pelotant le brave homme qui lui souriait avec politesse et répondait à ses accolades avec des « oui » ou des « merci ».

 

Se sentant presque de trop, une sensation bien familière, Ianto s’éclipsa. Il avait 2 choses à régler : Jack et la moussaka !

Dans quel ordre ? Cela allait dépendre de bien des facteurs, notamment celui communément appelé Owen Harper qui l’intercepta au pas de la porte hublot :

  • Mon pote Ianto ! Désolé de te le dire officiellement : tu ne fais pas le poids face à Rhys, en tout cas pas en matière de...
  • Hey ! Tu te trouves drôle là ? L’incendia Tosh, rouge de colère.
  • Décoince-toi un peu le c** ma belle, si on peut plus rire…
  • Rire ? Il n’y a que toi pour rire à tes blagues. Il n’y a jamais que toi ! Fulmina la belle asiatique.
  • Et si Madame voulait bien se donner la peine de développer sa pensée ? Rugit le médecin excité en se levant façon Superman en colère. Poings serrés, corps raide et regard …gris.
  • - Un peu mon n’veu que je veux…

 

Se sentant là encore de trop, Ianto en profita pour se faufiler hors des pattes des 2 amoureux transis qui allaient peut-être enfin s’avouer leurs  sentiments et finir sur le sofa ! La scène de méninges possédées à laquelle il venait d’assister lui souffla l’ordre de ses priorités. Jack  attendra (peut-être) mais la moussaka avait un truc en plus, c’était clair à présent.

Il n’eut hélas pas le temps d’aller vérifier par lui-même la saveur olfactive qui s’échappait du plat encore palpitant de soleil et de la terre généreuse qui avaient offert ses plus belles aubergines à son rival, Môssieur Rhys, que Gwen déboula dans le hub suivie de l’homme, le fameux Greg, et d’une petite fille toute ronde et rosie par le soleil matinal de Cardiff (oui c’est une fic, ndr)

  • Hey guys, je vous présente mon ami Grégoire Delorme et sa fille Cindy-Antoinette.**
  • Et Brown ! Ajouta la fillette avec un large sourire, une photo dans la main, et un charmant petit accent français.
  • Brown ? Fit Gwen, étonnée.
  • Arrête chérie ! La réprimanda son père, un peu agacé.

 

Tosh et Owen,  qui s’engueulaient comme du poisson pourri 5 secondes plus tôt, se figèrent assez comiquement et tentèrent ce qui se rapprochait le plus d’un sourire de bienséance. Une fois les présentations faites tout ce petit monde fut rejoint par Jack, rassasié et fatalement imprévisible.

  • Jack, tu connais Greg ! Mais pas sa fille, elle est adorable, viens par-là Cindy-Antoinette !
  • Et Brown ! Recommença la bien-nommée.
  • Arrête chérie ! Bonjour Jack !
  • Papa, il est trop beau le monsieur. Je peux lui marier ?
  • Et elle n’a même pas mangé de moussaka, s’exclama Jack, fier comme un paon. Il prit la fillette dans ses grands bras et déposa un baiser sur sa joue qui fit rougir… Ianto ! Salut Cindy-Antoinette ! Moi c’est Jack ! Cindy-Antoinette, quel horrible matricule, euh prénom, sérieux Greg, la pauvre enfant !
  • Comment ? S’offusqua le papa.
  • Jack !!! Firent en chœur Gwen et Owen (!)
  • Il plaisante, bégaya Gwen.
  • En plus ça vaut bien un Ianto, comme prénom débil…
  • Owen ! Fit à son tour Jack.

Les 2 agents (pas si) discrets pouffèrent de rire devant le reste de l’assemblée. La voix de fausset de Cindy-machin rompit les rires et la gêne.

  • Pourquoi ils rirent, papa ?
  • Désolé, désolé ma belle ! S’excusa Jack aussitôt, en reprenant son sérieux. C’est juste une blague entre nous…
  • Arrête ton char elle cause même pas correct !
  • Owen !
  • Ce n’est rien, Gwen, fit Greg, amusé. C’est normal : sa langue maternelle est le français, elle a encore des progrès à faire dans votre langue.
  • Aaaaaaah, commença Owen.
  • JE PARLE MEILLEUR QUE TOI !! Hurla la gamine, en pleurs, toujours blottie dans les bras de Jack. Et en plus toi tu es moche ! Fit-elle en pointant Owen d’un doigt vengeur.

La crise de nerfs infantile fit rire tout le monde, excepté l’intéressé qui inspira profondément et tourna sur lui-même plusieurs fois avant de s’éloigner, d’un air nonchalant. Greg, ou plutôt Grégoire Delorme, l’ami du couple Williams-Cooper se sentit fort embarrassé et ne sachant comment rattraper l’insolence de sa fille, émit un petit rire nerveux. Ianto, qui avait assisté à la scène, en retrait, s’approcha soudain de Cindy-Antoinette et lui offrit un petit séjour dans ses bras, ce qui enchanta la fillette et soulagea Jack qui en profita pour rassurer Greg. Owen est un bourrin mais ce n’est pas un mauvais bougre, du moins  envers les enfants. Le Capitaine et Gwen étaient en train de s’excuser pour le comportement d’Owen lorsqu’ils entendirent Ianto demander à la fillette :

  • Dis, tu aimes les petits moulins à vent en plastique ?
  • Oui !! Couina Cindy, en frottant son nez (et sa photo) contre celui de Ianto.
  • Dis-donc, tu as le truc avec les gosses ! S’étonna Gwen. Dommage que tu aies viré ta… pardon !
  • Ianto !

Interloqué, Jack le toisa sévèrement. Son compagnon lui sourit avec malice.

  • Qu’est-ce qui se passe ? Osa Gwen.
  • Rien, fit Jack, laconique.

Une mouche vola au-dessus d’eux et la petite fille brisa de nouveau le silence.

  • Aviou emet Brown? Darde, il est mignon, hein? Il est mort, c’est trop tritse, tu l’aimes, toi ?!

Elle avait collé la photo toute cornée sous le nez de Ianto qui dut reculer pour pouvoir la regarder. C’était une photo  d’un petit chien au pelage couleur chocolat au lait, qui tenait dans son museau un os en plastique.

  • Chérie, dit son père, gêné, n’embête pas le monsieur avec Brown.
  • Il est très mignon, réussit à dire Ianto avant que Greg ne récupère sa progéniture et de s’agenouiller devant elle.
  • On ne dit pas comme ça, ma chérie. Répète après moi: « have you ever met Brown ? » et non, chérie, il ne l’a pas connu.

La situation déclencha petits rires timides et agitation autour de la gamine. Tout rentrait dans l’ordre lorsque, contre toute attente, Jack déclara fièrement :

  • A quand un dîner ensemble et en famille, pour que Rhys puisse nous régaler de ses talents de cuisto et du fessier le plus rondement sexy de Cardiff ?!

Face aux  mines déconfites, et aux yeux billes de Gwen, partagée entre surprise et badinerie, il sortit son plus beau sourire, celui qui fait perdre la tête à n’importe qui, Cindy-Antoinette y compris (hum), et s’exclama :

  • La Moussaka !! Il faut analyser la moussa…
  • C’est fait, répondit Owen depuis le labo. Fermez-la et venez voir ce que j’ai trouvé !

Alors que tous obtempéraient, Jack expliqua le cas de la Moussaka à Grégoire. Ce dernier commençait à comprendre bien des choses, sauf l’allusion aux moulins à vent en plastique et préféra ne pas poser la question tout de suite. Allons d’abord connaître les dégâts potentiels commis par la succulente brassée d’aubergines fumées à la noble viande.

  • On t’écoute, Owen ! Dit le chef de Torchwood, intimant d’un seul regard le silence le plus absolu. Et pas un mot de trop, compris ?
  • Oula j’ai peur ! Je vais essayer, mais si je dérape je m’en excuse d’avance. C’est que la Rhys food est costaud…Non j’arrête ! Oopsie, figurez-vous que la viande est nickel, pour une fois, on n’a pas affaire à un trafic immonde de chair alien. Nan, le truc est dans… tatadam (roulement de tambour)… les aubergines !
  • Owen !
  • Je suis sérieux ! Gwen, appelle ton nounours, il doit absolument nous donner le nom de son dealer de légumes !
  • Dis, papa, c’est quoi les bergers ?
  • Je t’expliquerai plus tard ma chérie. On va y aller, nos amis ont du travail.
  • Non, fit Jack. La vérité sort de la bouche des enfants. Enfin, d’habitude, elle pourrait nous servir, votre… Cindy-Antoniete.
  • Jack ! beugla Gwen, choquée.
  • Tu vas voir, moi aussi j’ai le truc avec les gosses…

 

** merci au fromage apéritif! Elle me fait trop rire! 


chrismaz66  (29.08.2015 à 21:27)

Les 5 équipiers de Torchwood se retrouvèrent dans le bureau principal, face à l'écran, avec des mines évocatrices. Gwen terminait sa lecture du document qu'avait imprimé Tosh, même si ledit document défilait sur l'écran.

– Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ! S'exclama-t-elle soudain.

Ianto, qui faisait défiler le texte sur l'écran répondit :

– C'est une sorte de blog collaboratif. Les participants viennent y publier ce qu'ils ont écrit. Ils appellent ça des fanfic... enfin, des fanfictions. Ce sont des textes qui concernent normalement n'importe quels personnages de fictions, série télé, films, livres...

Jack intervint :

– Alors pourquoi sommes-nous tous les 5 dans ce qui ne devrait être qu'une fiction, justement ?

– Je ne sais pas. Et c'est tout le problème, déclara Tosh avec un soupir agacé. Je suis tombée dessus par hasard. On dirait que c'est un texte produit par plusieurs personnes. Une sorte de jeu d'écriture... Qui nous concerne.

– C'est vraiment du grand n'importe quoi ! s'écria soudain Gwen en colère. Je suis incapable de faire entrer n'importe qui dans la base comme ça... Et ce nom de Cindy-Antoinette, c'est ridicule !

– Oh, ben, moi, jamais je n'irais dire que Rhys a de belles fesses, même sous la torture, crois-moi, bougonna Owen dans son coin.

– Moi j'aimerais surtout savoir pourquoi et comment ces personnes ont été amenées à si bien connaître le hub et nous cinq.

– Et Rhys ! Ajouta Gwen.

– Et Rhys... approuva Jack. Même si c'est exagéré, certains détails sont parfaitement justes, mais ne sont normalement connus que de nous.

Jack avait les bras croisés, avec son expression calme qui annonçait la pire des tempêtes.

Ses yeux, d'abord posés sur l'écran, firent le tour de ses quatre collaborateurs. C'était forcément l'un d'eux. Ou Rhys... Dans ce cas, il saurait s'en occuper personnellement, et très vite!

Quand il vit Owen faire le gros dos sous son regard de glace, il comprit.

– Owen ?

– Quoi ? protesta ce dernier, l'air d'un ado pris en faute... Oh ça va ! J'ai dû m’épancher un soir de tournée au bar... Et j'ai dû oublier de donner le retcon ce soir-là...

Tosh et Gwen s'exclamèrent en chœur :

– Quoi !

– Tu es allé raconter ma vie privée à des inconnus ! Ajouta Gwen qui faisait déjà les cent pas, folle de rage.

– ça, entre autre chose, déclara Ianto désagréablement sibyllin.

– Oh ! Ça va ! Ça va ! D'habitude, ça ne laisse pas de traces... Avec le retcon...

Jack se plaça face à lui, furieux.

– « D'habitude ! » ? Tu passes tes soirées à raconter nos vies à des étrangers ? Tu es complètement inconscient, ma parole !

– Je ne pouvais pas me douter que ça allait aboutir à ça... Remarquez, je trouve quand même le récit distrayant. Cette histoire d'aubergines est très inventive et très drôle.

– Owen ! L'exclamation à la fois de Gwen et de Tosh le fit taire.

– Bon ! Comment on va s'y prendre pour annuler ça ? Demanda Jack, reprenant les rennes de la situation.

– J'ai lancé une recherche d'adresses IP, mais il y en a au moins quatre. Ça va prendre du temps, intervint Tosh déjà lancée sur sa tablette.

– Bien ! En attendant, Owen, tu fais un effort de mémoire et tu nous racontes tout sur cette ou ces personnes à qui tu as parlé de nous.

***

Quelques minutes plus tard, Tosh faisait état de 4 adresses IP réparties dans le monde. La première personne ayant écrit était située en Californie, proche de Los Angeles.

– Tu as oublié de nous dire que cette fille dont tu nous a parlé, était américaine, reprocha Jack au médecin, agacé de se faire rabrouer comme un enfant par son chef.

– Si tu crois que j'ai eu le temps de lui demander... bougonna-t-il.

– Mais tu ne t'es pas gêné de raconter que Jack ne venait pas de la Terre, lança Ianto acerbe.

Ianto qui avait rentré les données fournies par Owen sur la mystérieuse confidente d'un soir.

Tout le monde dans la pièce comprit bien que ce n'était pas exactement la « confidence » qui avait particulièrement déplu au jeune homme.

– J'ai oublié de lui donner du retcon ! Plaida Owen insistant.

Jack secoua la tête, agacé.

– Tu sais que ça ne suffira pas comme excuse, lança-t-il.

– Oh ! Qu'est-ce que tu vas faire ? Hein ? Me virer ? Pour un texte débile que personne ne va lire ? Fit Owen qui passait en mode agressif.

– N'aggrave pas ton cas, s'il te plaît, ajouta Gwen très froidement.

– Mais il n'y a que nous qui savons que c'est vrai tout ça ! Enfin, pas l'histoire de la moussaka, ni celle de la Cindy-Antoinette, que je trouve très drôle, d'ailleurs. On supprime tout ça, ni vu ni connu, on passe à autre chose, de plus grave, digne de nous, quoi !

Des yeux, Owen fit rapidement le tour de ses collègues clairement hostiles, et s'arrêta sur Tosh, presque suppliant.

– Tosh ?

– Non, Owen... Ce qui est grave, c'est que tu racontes notre vie privée ! Tu oses raconter ce qu'un ami n'est jamais censé raconter à des étrangers ! Ce n'est pas la fin du monde, non... Mais...

– Oh ! C'est de confiance dont tu veux parler, là ? Hein ? L'interrompit aussitôt Owen sarcastique.

Quand tu es allée tout raconter à ton alien Mary, là, c'était de la confiance peut-être? Ou quand on a découvert la cyberwoman dans les caves, c'était de la confiance, ça ? Ou quand Suzie a tout raconté sur nous à son groupe Pilgrim pour nous tuer, ou quand Gwen....

– Owen ! Ça suffit ! Tonna la voix de Jack préoccupé par la situation. Tu sais exactement ce que tu as fait ! Fin de la discussion ! On va se débarrasser de cette histoire et on passera à autre chose. Et, crois-moi, durant les 3 prochains mois, je passerais la soirée avec toi.

– Quoi ! S'offusqua Owen, hors de lui.

– Et je veillerais à ce que tu sois bordé et sobre, avant de partir... Donne-nous plus d'éléments sur le bar, maintenant. Ça rétrécira le rayon de recherche.

***

Gwen qui venait d'appeler Rhys pour s'excuser de son retard entra dans la salle principale où Tosh et Ianto continuaient leurs recherches et Owen boudait, surveillé par Jack mécontent.

– Dites, vous allez trouver ça bizarre, mais vous savez ce que Rhys a préparé ce soir ?

Elle obtint 4 paires d'yeux attentifs dirigés vers elle.

– Non ! Tu rigoles... déclara Owen étonné.

– Si ! De la Moussaka... vrai de vrai!

Les 5 équipiers se regardèrent avant de se mettre à rire malgré eux.

Au même instant, un « bip » alerta Tosh qui fixa l'écran.

– ça y est ! J'ai !

Une photo et une fiche d'identité apparurent  aussitôt.

– C'est elle, Owen ?

Le jeune médecin confirma, soulagé.

– Théa Davidson. Née à Los Angeles. Hôtesse de l'air.

– ça va être dur de l'attraper, ne put s'empêcher d'ajouter Owen moqueur, s'attirant aussitôt 4 regards courroucés.

– Ok. Imprime-moi ça, lança Jack en récupérant son manteau. Owen ! Avec moi !

– Quoi ? On va quand même pas à Los Angeles !

– Tu viens avec moi. C'est tout! Ianto, tu récupères toutes les traces sur internet. Procédure habituelle.

– Ok.

– Tosh, il faut trouver les trois autres... Tu m'envoies les données dès que tu les as. Gwen, prépare le retcon et les fiches de classement...

Déjà presque à la porte principale qui s’ouvrait, Jack se retourna pour voir Owen, un peu dérouté, traîner plutôt les pieds.

– Owen !

Le ton sans appel de Jack le fit réagir. Il avança et osa ajouter, presque fanfaron pour cacher son malaise :

– Je te préviens... je n'ai pas mon passeport sur moi...

Jack leva les yeux au ciel et le fit passer devant lui d'autorité. Et ils sortirent enfin de la base.


evalyre  (19.01.2016 à 20:30)

Owen : Tu vas pas faire la gueule tout le voyage, quand même ?

Jack : Et pourquoi pas ? Tu balances nos vies comme ça, à la première femme que tu rencontres dans un bar !

Owen : Bah c'est bon, j'ai oublié le retcon, ça arrive quoi !

Jack : Il n'est pas fait pour ça ! Et ce n'est pas le problème. C'est nos vies privées, et tu te permets de les crier sur tous les toits.

 

Owen baissa la tête. Il n'avait jamais imaginé que cela énerverait autant tout le monde. Il préféra se taire car son chef était déjà bien assez en colère pour le moment. Au moins le temps d'arriver à Los Angeles. Il valait mieux dormir.

 

**********

 

Il se réveilla seulement lorsqu'il fut secoué par quelqu'un. Une hôtesse de l'air était en face de lui. Il observa autour de lui, et vit qu'il n'y avait plus aucun passager.

 

Owen : Merde ! On est arrivé.

Hôtesse : Oui, monsieur, cela fait un petit moment. L'avion part en révision. Vous pouvez descendre, s'il vous plaît ?

Owen : Vous avez pas vu l'homme assis à côté ? Un gars brun avec un long manteau militaire ?

Hôtesse : Non, je suis désolée.

 

Owen descendit de l’avion. Comment s'était-il endormi aussi profondément au point de ne pas sentir qu'ils étaient arrivés ? Jack devait y être pour quelque chose. Où était-il parti celui-là ? Il sortit de l'aéroport. Il faisait nuit ici, mais c'était l'heure de manger à Cardiff. Affamé, il s'arrêta dans un snack bar avant de rechercher Jack. Après tout, elle pouvait attendre, cette Théa. Il profita de cette petite pause pour appeler le hub.

 

Tosh : Oui ?

Owen : Tosh, j'ai besoin de toi. Tu pourrais localiser Jack ? Il est parti sans moi et je connais pas la ville.

Tosh : Juste une minute... C'est bon ! Je t'envoie l'adresse.

 

Il n'eut même pas le temps d’émettre un merci que Tosh lui avait raccroché au nez. Il se dirigea vers l'adresse après son repas. Un hôtel, mais pas un simple hôtel. C’était le luxe, le genre d'endroit avec casino, jacuzzi et tout le reste. Il se dirigea vers ce qui lui semblait être l'accueil.

 

Owen : Bonjour, vous savez où je peux trouver mon collègue ? Jack Harkness.

Homme : Oui, suite n°12.

 

Owen monta et alla trouver sa chambre. Il entra et aperçut Jack, affalé sur le lit.

 

Owen : Jack ! Mais qu'est-ce que tu fous, bordel ?! Pourquoi tu m'as laissé dans l'avion ? Et qu'est-ce que tu m'as donné pour que je dorme comme ça ?

Jack : Somnifère, pour plus t’entendre pendant le voyage.

Owen : J'avais pas prévu de dire quoi que ce soit. Et c'est quoi cette chambre ?

Jack : La chambre que tu me payes pour la nuit.

Owen : C'est une blague ?! Tu crois que je peux payer une suite dans un hôtel de luxe ?!

Jack : Non, je le sais, c'est moi qui te paye. C'est en guise d'excuse, de ta part ! Tu peux sortir, du coup, c'est ma chambre, pas la tienne.

Owen : Non mais c'est une blague ?! C'est facile pour toi ! Si tu as envie de parler, tu as Ianto. Et inversement, tout comme Gwen à Rhys. Mais moi, j'ai personne à qui parler de nos missions et tout ça ! Alors je me confie à ces femmes, et je les fais oublier, ça me fait du bien.

 

Jack se sentit très en colère. Il semblait oublier que Tosh non plus n'avait personne à qui se confier. Que Gwen n'avait pas toujours pu, tout comme Ianto.

 

Jack : Tu n'es pas le seul de l'équipe. Si tu voulais porter un peu d’attention à Tosh, plutôt que de la dénigrer, tu aurais quelqu'un à qui parler.

 

Owen sortit, en colère. De quoi se mêlait-il ? Il passait bien son temps à flirter et coucher avec tout ce qu'il croisait, avant de se mettre avec Ianto.

 

**********

 

Le lendemain, les deux hommes se rejoignirent dans un café. Ils reçurent un appel de Ianto.

 

Jack : Tu as quelque chose de nouveau ?

Ianto : Tosh a trouvé la prochaine adresse IP. C'est en France, à Perpignan. C'est un certain Alexandre. Mais ce n'est pas l'heure d'aller en France. Vous devez vous rendre chez Théa, avant qu'elle n'en parle à d'autres personnes.

Jack : Merci, Ianto. A plus tard. Owen, on va chez Théa !

Owen : Attends, j'ai pas fini le petit-dèj' !

Jack : Bouge de là !

 

**********

 

Pendant ce temps, au hub.

 

Gwen : Alors, comment Owen réagit ?

Ianto : Il est perdu. Je suis prêt à parier qu'il va finir par s'en vouloir. Heureusement qu'on a découvert qu'Owen balançait notre vie à des étrangers. C'est quoi la prochaine étape pour le faire tourner en bourrique ? Il faut qu'il regrette et ne recommence plus, c'est dangereux.

Tosh : Cette Théa sait réellement qui nous sommes et l'a raconté aux trois autres. On doit leur faire oublier, mais on va jouer un peu avec Owen avant. J'ai prévenu la jeune femme de leur arrivée. Elle sait ce qu'ils veulent faire, et comme elle a un fort caractère, elle dira aussi que personne ne croira à cette fanfic et qu'elle ne veut pas oublier. Après s'être enfuie et avoir fait galérer Owen.


Souri7  (21.03.2016 à 14:25)

Mot imposé: horloge

 

Owen fut presque obligé de courir pour rester à la même hauteur de Jack, toujours visiblement remonté comme une horloge contre lui. Celui-ci marchait à grands pas, prêtant à peine attention aux voitures sur la chaussée ou aux regards surpris et appréciateurs des passants autour d'eux. Comme toujours, le capitaine faisait sensation où qu'il passe, et Owen ressentit de nouveau une pincée de jalousie à son égard. D'accord, peut-être pas juste une pincée. Mais merde, quoi, c'était injuste à force! Ce type faisait se pamer n'importe qui sans même le vouloir, alors que les simples humains comme lui devaient lutter tous les jours dans la jungle de la séduction.

Théa avait semblé un joli lot, sur le moment. Il n'avait vraiment eu qu'une envie sur le coup, se bourrer et se perdre dans les bras d'une belle femme, et elle était là. De passage pendant un arrêt à Cardiff. Sans trop savoir comment, le médecin s'était retrouvé à partager un verre avec elle, puis un autre, et encore un autre.. C'était peut-être pour ça qu'il avait oublié le rectcon, en fait. Il était trop éméché pour s'en souvenir.

Et voilà qu'il se retrouvait à Los Angeles, par 38° à l'ombre, lui le Londonien de naissance, dans un environnement clairement hostile. Shit. Il accéléra le pas, ne voulant pas se retrouver seul dans cette ville de fous.

-Jack!

L'intéressé le zappa royalement, traversant un carrefour à vive allure. Owen déversa un chapelet de jurons, avant de zigzaguer entre les voitures pour le rattraper.

-Mais ça va pas, bordel!

-Un souci, Dr Harper?

La voix de Jack était acide.

-Ouais! T'es complètement fou ! Tu as manqué nous tuer !

-Te tuer.

-Me .. bref! C'est pas la question!

-Non. Bien sûr.

-Putain Jack!

Et sans réfléchir, il attrapa son bras, le tirant pour forcer son propriétaire à se retourner. Il ne comprit son erreur que lorsque ce dernier pivota en un éclair sur ses pieds, son poing venant s'écraser sur la machoire du plus jeune qui manqua s'écrouler sur le trottoir.

-Réessaye ça et tu ne pourras plus compter sur ta belle gueule pour séduire tes oiseaux, gronda Jack d'une voix basse, ses yeux bleus le fixant avec une froideur qu'il avait rarement vue chez lui.

Owen ne parvint même pas à répondre, trop choqué. Il ne s'entendait pas souvent avec son boss, c'est vrai, mais jamais Jack ne l'avait frappé. Viré, ok. Mais pas frappé. Il était furieux à ce point? D'accord, il avait peut-être merdé... même sûrement .. mais il ne l'avait pas voulu! Il n'y pouvait rien si la fille s'était tirée avant qu'il ne pense à mettre du retcon dans son verre, non? Si?

Les deux hommes n'échangèrent pas un mot jusqu'à leur arrivée au petit hôtel où séjournait Théa. Owen sentit sa frustration se métamorphoser en désespoir lorsque le réceptionniste leur indiqua que la jeune femme était partie une demie-heure auparavant, avec sa valise.

-Et merde! Merde merde merde! Siffla-t-il entre ses dents à la sortie du bâtiment, tournant en rond en vain.

Jack le regarda faire sans piper mot, une satisfaction égoiste montant en lui devant ce spectacle. L'appel de Tosh avait permis à leur cible de s'enfuir avant leur arrivée: un avant-goût de ce qui attendait Owen dans les prochaines heures. Les choses sérieuses ne faisaient que commencer.

 

***

 

Et en effet, Owen courut, explorant rues et boulevards alors qu'il tentait en vain de mettre la main sur leur cible. Que ce soit au bar où elle s'était installée, au magasin où elle était passée ou sur la plage où elle s'était posée, lui et Jack semblaient toujours arriver en retard, la belle disparaissant comme un courant d'air quelques minutes avant leur arrivée. Cela commençait à lui taper sérieusement sur le système, il avait autre chose à faire que de la poursuivre, bon sang! Comme revenir à leur hôtel et aller se transformer en poisson pour nager tout le reste de la journée dans la superbe piscine qu'il avait entraperçue le matin même. Mais non, il fallait qu'ils trouvent Thea avant, Thea qui leur glissait sans cesse entre les doigts, semblant au courant en avance de leur venue.

Owen se figea.

Oh, ils n'oseraient pas, n'est-ce pas ?

Ils ne lui feraient pas cela ?

Il était leur collègue.

Et il avait raconté leur vie à une inconnue.

Hum.

Hum hum.

 

Le médecin plissa les yeux, et se retourna lentement vers Jack, au téléphone avec Ianto. Celui-ci était en train de lui donner les coordonnées d'un troisième écrivain, un Anglais domicilié à Londres et nommé Philip. Ils s'étaient arrêtés quelques minutes en haut de la plage, Owen se réfugiant à l'ombre d'un arbre pendant que Jack roucoulait avec son amant. Les yeux de celui-ci pétillaient, un léger sourire détendant ses traits ordinairement sérieux.

-Tu verrais les paysages.. Tu adorerais.. Ou pas, en effet, rit-il en entendant la réponse, sale Gallois, impossible de le sortir de sa pluie, se lamenta-t-il d'une fausse voix plaintive.

Il croisa le regard furieux d'Owen, et un sourire moqueur apparut sur ses lèvres.

-Il est à côté de moi. Oui, je lui transmets. À plus tard, fit-il en raccrochant. Ianto demande si tu vis encore ou si tu as fondu sur place, histoire qu'il prépare une petite boite pour congéler tes restes.

-Ça ne va pas tarder si je reste dans ce foutu pays! Bordel Jack, c'est pas possible une telle chaleur, tu es sure qu'il n'y a aucun alien cracheur de feu planqué dans le coin?

-Juste des abrutis, commenta son chef cyniquement avant de lui tourner le dos. Thea a été localisée dans un petit hotel pas loin d'ici, allons-y.

-Oh! Oh oh oh! Une minute papillon! Ne me prend pas pour un couillon. Tu ne vas me faire repartir dans tous les sens comme ça.

Jack arqua un sourcil parfaitement dessiné.

-Oh? ne me regarde pas comme ça, je ne suis pas débile, on aurait dû mettre la main sur elle il y a des heures, mais comme par magie, dès qu'on approche elle disparait d'un claquement de doigts. Quelqu'un la prévient, et ce n'est pas moi.

-Et pourquoi quelqu'un ferait cela?, interrogea d'un ton léger le capitaine, mais ses yeux étaient froids.

-Pour me faire chier, pour se venger, pour me faire tourner des heures comme un abruti et me tuer à coup de chaleur inhumaine! Ça va, j'ai compris, je sais que c'est vous, j'ai mis du temps mais c'est bon, j'ai pigé. Vous vous êtes bien amusés, maintenant on peut arrêter? On a une témoin dans la nature, et plus le temps passe, plus elle risque vraiment de nous glisser dans les doigts. Et là on n'aura pas l'air con.

Il s'arrêta là, le souffle trop court pour continuer. Son chef le fixa de longues secondes sans rien dire, son regard indescriptible, avant de se murmurer à lui-même:

-Et c'est le même type qui va raconter nos vies à des inconnus. J'ai vraiment le chic pour engager des bipolaires.

-Oy! Tu peux parler! Pesta Owen en venant le frapper au bras.

Le même sourire moqueur réapparut sur les lèvres de Jack.

-Je t'accorde cette trève le temps qu'on retrouve Thea, mais ne pense pas pour une seule seconde qu'on est quitte. Tu es toujours dans le pétrin jusqu'au cou, Docteur Harper.

-Vous n'allez jamais me lâcher, hein? Grommela ce dernier avant de baisser du nez devant l'expression de Jack.

Dans quelle crotte s'était-il fourré?

***

 

Autant Owen pouvait être aussi imbuvable qu'un whisky laissé au soleil, autant il demeurait un agent terriblement efficace lorsqu'il passait en mode terrain. Jack ne comprendrait jamais comment une telle alternance pouvait être possible chez un seul être. Il se posait la question depuis qu'il l'avait engagé, et il se la reposait en cet instant alors que tous deux pénétraient dans le petit hotel où s'était réfugiée Thea. Dès qu'ils eurent confirmation que celle-ci se trouvait dans sa chambre, au rez-de-chaussée, ils se séparèrent, le plan s'enclanchant.

C'est vêtu d'une chemise blanche remontée jusqu'aux coudes et d'une casquette bleue large dissimulant le haut de son visage qu'Owen frappa à la porte de la jeune femme, un plateau couvert de boissons fraiches dans une main. Il put sentir la tension dans la voix de celle-ci lorsqu'elle demanda de l'autre coté du battant:

-Qui est-ce?

-Service de chambre, madame, répondit-il avec un accent américain parfaitement imité.

Il entendit un bruit de draps froissés, puis des pas et la porte s'ouvrit, révélant une grande brune aux cheveux tombant en cascade dans le dos. Le coeur d'Owen fit un bond en l'apercevant: elle était aussi diablement belle que dans son souvenir.

-Je n'ai rien commandé, nota-t-elle d'une voix suspicieuse.

-Offert par la maison, madame. En guise d'accueil.

-Oh. Si c'est un cadeau.., fit-elle en s'écartant pour le laisser entrer, saisissant une coupe au passage et l'avalant d'une traite. Diable, on meurt de chaud dans ce pays.

Au moins, on est d'accord sur ça, pensa le médecin avant de prendre une autre coupe et la lui tendre. Elle la prit avec reconnaissance, s'éventant de la main, et en avala une gorgée. Il retint un sourire en la voyant froncer les sourcils, et porter la main à son front.

-Damn ... J'ai la tête qui... tourne..

-Peut-être faudrait-il vous allonger, suggéra-t-il en posant la main sur son épaule.

-Oui.. je..

Ses yeux s'écarquillèrent soudainement, et elle le repoussa, l'horreur se lisant dans ses yeux. Il sut qu'elle l'avait reconnu quand elle siffla, titubant et s'agrippant à la commode.

-Toi! Mais... comment.. Qu'est-ce que tu..

-Désolé, répondit-il simplement. Tu n'aurais jamais dû te souvenir.

-Me souvenir? Pourquoi? Ce ne sont que des histoires!

-Que tu racontes sur un blog.

-Ce n'est pas un crime!

-Mais on ne peut pas les laisser se répandre, commenta une voix grave.

Thea releva ue tête vacillante pour apercevoir un homme de très grande beauté vêtu d'un manteau d'aviateur de la RAF, assis sur le rebord de la fenêtre et la fixant de son regard trop bleu pour être vrai.

-Que.. Jack? Mais.. Elle tourna la tête vers Owen, qui s'était rapproché lentement. Ce n'est qu'une histoire!

-Si seulement, commenta celui-ci en la récupérant dans ses bras alors qu'elle tombait au sol.

-Enfoiré.. Qu'est-ce que tu m'as fait?

-Rien de grave, juste un peu de Retcon pour te faire oublier..

-Quoi?! Comme les deux hommes s'en doutaient, elle commença à se débattre, mais ce ne fut pas très efficace, la dose élevée de Retcon qu'elle avait avalée faisant déjà effet. Je te l'interdis! Tu n'as pas le droit!

  • Désolé, Thea. Tu es une chic fille, mais on ne peut pas te laisser te balader dans la nature avec ces souvenirs en tête.

  • Enflure! À l'aide! Aidez-moi! commença-t-elle à crier, seulement pour sentir un chiffon se poser sur son nez.

Il ne fallut que quelques secondes à ses yeux pour rouler en arrière, lui faisant perdre définitivement connaissance et s'afflalant comme une poupée de chiffon dans les bras du docteur qui la récupéra aussi facilement qu'une enfant. Ce dernier soupira, se frottant le front de la main avant de la soulever et venir la poser délicatement sur le lit. Il jeta ensuite le reste des boissons par la fenêtre, les remplaçant par la bouteille de jus de fruits qu'il avait également amenée, avant de récupérer le chiffon qu'il avait utilisé et le replacer dans son kit accroché à sa ceinture. Il pouvait sentir le regard de Jack sur lui alors qu'il bougeait, ce regard lourd de sens qui lui disait tout ce qu'il ne voulait pas entendre.

Il ne lui fallut pas longtemps avant de trouver l'ordinateur de la jeune femme et le craquer. Là, il entreprit une fouille minitieuse de ses fichiers, faisant disparaitre tout ce qui pouvait lui rappeler Torchwood. Il fit de même avec son disque dur et ses clés USB, supprimant un certain nombre de documents. Damn, mais elle en avait écrit des choses! Un nouveau soupir lui échappa alors qu'il terminait son travail, effaçant l'ordinateur et le replaçant à sa place. Après avoir vérifié qu'il ne restait aucune trace de leur passage, il se tourna vers Jack, refusant de regarder la femme qui allait se réveiller avec un trou de mémoire énorme dans ses souvenirs.

-On n'a plus rien à faire là. Allons-y.

Le capitaine hocha la tête, son regard impénétrable. Il ne leur fallut que quelques secondes pour se glisser dans le jardin et disparaitre, Jack appelant déjà Tosh pour qu'elle fasse disparaitre leurs visages des potentielles caméras de surveillance.

 


choup37  (02.08.2016 à 17:43)

Au moins, ils ne pourraient pas dire qu'ils ne voyageaient pas avec ce boulot.

Ce qui serait agréable, si ce n'était pas dans de telles circonstances.

Jack et Owen n'avaient pas échangé un mot depuis qu'ils étaient montés dans l'avion les emportant en France, le médecin affichant son expression grognon habituelle alors que le capitaine profitait de tous les avantages de la classe affaire .. à ses frais.

Ianto l'avait rappelé peu avant leur départ pour Paris, sa voix ennuyée alors qu'il expliquait un imprévu.

  • Alexandre n'était qu'en vacances à Perpignan, il est rentré chez lui. Une petite ville au sud de Paris qui s'appelle Tours.

  • Qu'est-ce que c'est encore que ce lieu paumé? bougonna Owen.

Le Gallois l'ignora complètement, continuant d'expliquer à un Jack attentif:

  • Il y a des directs d'à peine 1h entre les deux villes, ce sera rapide. Je t'envoie l'adresse d'Alexandre, vous pourrez y passer pour nettoyer son ordinateur avant de le retrouver. Il est barman.

  • J'adore les barmans, sourit Jack. Toujours si facile d'engager la conversation avec. Ce sera un jeu d'enfant.

  • Je me doutais que tu dirais cela...

La voix de Ianto contenait un avertissement à peine dissimulé. Owen roula des yeux en voyant les lèvres du capitaine s'étirer en un large sourire.

  • Mais je les préfère Gallois, susurra-t-il.

  • Vraiment? répliqua Ianto, et Owen pouvait presque le voir sourire, ses yeux pétillant devant le flirt de son compagnon alors que lui-même faisait mine d'afficher un ton sévère.

  • Surtout ceux en costume, ronronna le capitaine.

  • Intéressant ... Il faudra que vous m'expliquiez cela en détail à votre retour, monsieur.

  • Oy! Y a des gens autour!

La voix de Gwen venait de s'élever dans l'arrière-fond. Le médecin secoua la tête, peinant à croire qu'il se trouvait dans le même camp que la brune.

  • J'arrive pas à y croire, mais j'approuve Cooper! Vous vous enverrez en l'air par téléphone plus tard, on a un campagnard à retrouver!

  • La ferme, Harper! Je n'ai pas besoin de ton soutien!

  • Il faudra que tu lui donnes des cours de géographie, Jack, commenta Ianto de sa voix plate. Tours est la capitale historique de sa région, et un centre touristique majeur. Rien à voir avec de la campagne.

  • Laisse tomber, Ianto, tout est de la campagne pour un Londonien, ironisa Tosh, sa voix acide alors qu'elle finissait d'envoyer tous les détails sur leur cible à Jack qui luttait pour contenir son fou rire.

L'expression d'Owen valait de l'or.

Peut-être la leçon allait-elle finir par passer, finalement.

 

*

Les gens ne le réalisaient pas forcément, mais il fallait tout de même compter près de 11h d'avion entre Los Angeles et Paris. En temps normal, c'était déjà suffisamment épuisant, mais le subir aux côtés de son boss qui vous tapait froid, c'était encore pire.

Owen avait eu tout le temps qu'il désirait (ou pas) pour repenser (ressaser encore et encore) aux derniers évènements. La culpabilité qu'il avait ressentie en droguant Thea était aussi inattendue que désagréable. Owen Harper n'était pas un homme de sentiment; il laissait cela aux autres. La vie lui avait appris de la plus cruelle des manières qu'il n'existait pas de place pour la gentillesse et la douceur. Si Katie n'avait pas été une leçon suffisante, Diane s'était chargée de le lui rappeler en l'abandonnant le soir du nouvel an.

Le jeune homme secoua la tête, se fustigeant pour laisser ses pensées divaguet ainsi, avant d'enfermer le souvenir de sa fiancée loin, très loin de lui. Il ne voulait pas se souvenir. Il s'était juré d'oublier des années auparavant, pourquoi remontait-elle maintenant?

Elle l'aurait méprisée pour son attitude.

Mais elle n'était pas là, et elle ne pouvait rien dire.

Le visage fermé, Owen tendit la main, saisissant la bouteille la plus proche pour l'attaquer au goulot. Jack fronça les sourcils, avant de l'attraper pour la lui retirer.

  • Harkness! siffla le médecin en tentant de la reprendre.

  • Te bourrer ne te fera pas oublier tes conneries.

  • C'est pas comme si ça te regarde, grogna le jeune homme.

  • Je suis ton boss, tout me regarde.

  • Ne tente même pas, Jack! Le coté prince charmant marche peut-être avec Cooper et Jones, mais je ne suis pas une donzelle en détresse!

  • Non, juste un abruti qui pense pouvoir fuir dans l'alcool!

Owen le fusilla du regard, mais ne nia pas. Pour quoi faire? C'était la vérité, et il l'assumait. Sa voix était acide quand il répliqua:

  • C'est tellement facile pour toi de juger! Tu as tout! Tu es le chef, tu as voyagé partout, tu as vu des choses que nous autres simples petits terriens ne pourrons jamais imaginer, et, comme si ce n'était pas suffisant, tu as Ianto! Je n'ai rien de tout cela!

Le regard du capitaine se durcit; il n'eut pas le temps de répondre, cependant, car Owen ajouta, continuant dans sa lancée:

  • Je n'ai rien de cela! J'autopsie des morts, tous les morts, parce qu'il n'y a que moi qui peux le faire, et c'est ok, c'est mon putain de job, mais ça ne veut pas dire que je l'aime! Tu crois que c'est simple? La moitié du temps, les corps sont ravagés! Et vous êtes tous là, à me demander froidement des infos, vite Owen, on en a besoin Owen, oui hé bien Owen ce n'est pas un putain de robot! J'en ai pas l'air, mais je peux ressentir deux trois trucs! Surtout quand le corps est jeune!

Jack bénit le destin qui leur avait permis d'être seuls dans cette section de l'avion. Son employé semblait bien décidé à lâcher tout ce qu'il avait sur la conscience. L'expression de celui-ci devenait de plus en plus furieuse au fur et à mesure qu'il parlait, s'agitant sur son fauteil alors qu'il lâchait enfin ce qui le rongeait.

Owen n'était pas du type à parler, surtout sentiments – il n'était pas une gonzesse, merci bien – mais quand il s'exprimait, il ne le faisait pas à moitié.

  • Juste une fois, une putain de fois, j'aimerai qu'on m'appelle pour sauver quelqu'un! Pas autopsier le cadavre d'un alien de quatorze ans tabassé par des sadiques!

Le regard de Jack se perdit un instant dans le vide à ce souvenir. Lorsqu'il parla, sa voix était plus froide qu'il ne l'aurait voulu, ses mots aussi regrettés à peine prononcés:

  • Tu savais dans quoi tu t'engageais.

  • Va te faire foutre, Harkness!gronda Owen en se levant brusquement. C'est ça ton excuse? Tu savais? Non je ne savais pas! Tu m'as menti! Tu m'as dit que je serai utile! En quoi je suis utile quand je découpe des cadavres?

  • Est-ce que tu veux partir?

Le médecin cligna des yeux, s'immobilisant brusquement. Jack le fixait, ses yeux beaucoup trop calmes pour son bien-être.

  • Quoi? souffla-t-il.

  • Est-ce que tu veux partir, Owen?

  • Tu veux que je parte?

  • Tu sais très bien la réponse.

Le capitaine s'était levé à son tour pour lui faire face, sa stature déjà imposante renforcée par son manteau dont les pans voletaient autour de lui. Owen avait perdu le peu de couleurs qu'il possédait déjà sur son visage pale. La question réveillait de terribles souvenirs, et Jack le savait parfaitement, s'il en jugeait par son expression fermée.

  • Non, murmura-t-il, la panique montant en lui à cette idée.

  • Certain?

  • Putain, Jack! Arrête! Je ne veux pas partir!

  • Sois-en sûr, parce que s'il y a le moindre doute, je dois le savoir.

Owen détestait lorsque Jack agissait ainsi, capitaine jusqu'au bout des doigts. Il semblait toujours si froid, si dur, si distant.

Il lui foutait les pétoches quand il se comportait comme cela.

  • Je ne veux pas partir! J'ai le droit de gueuler que c'est dur!

  • Bien sûr que tu en as le droit, répliqua calmement Jack en se rapprochant. Mais pas à des inconnus.

Les épaules d'Owen s'affaissèrent.

  • Oui, souffla-t-il, semblant soudainement bien las. J'imagine que oui.

La voix de Jack était moins froide lorsqu'il lui demanda:

  • Tu es loin d'être con, tu sais très bien que c'est une connerie, alors pourquoi?

Owen leva les bras au ciel, exaspéré.

  • Je te l'ai dit, je n'ai personne d'autre à qui en parler! Tu me parles de Tosh, mais Tosh a ses propres problèmes! Et elle est toujours fourrée sur son ordinateur, même si je le voulais, je ne peux pas l'en arracher!

Cette dernière phrase lui valut un reniflement exaspéré tonitruant. Owen crut entendre un orgue éternuer.

  • Quoi?

  • Tu ne vois vraiment rien, hein? Parfois, les humains de ce siècle me blasent.

Le docteur fronça les sourcils, et voulut lui demander ce qu'il entendait par là, mais déjà Jack lui tournait le dos pour quitter la pièce, désireux de se dégourdir un peu les jambes.

Owen n'aperçut jamais la lueur vicieuse qui brillait dans les prunelles bleues de son chef.

Celui-ci avait gardé son oreillette allumée depuis le début du voyage.


choup37  (30.11.2017 à 19:25)

Owen Harper était prêt à vendre son âme au diable.

Onze heures d'avion, suivi d'une heure d'attente dans un hall bondé et puant de sueur, pour terminer par une heure de train en pleine campagne humide et moche.

Qu'est-ce qu'il avait fait au type là-haut ? Est-ce qu'il fallait qu'il expose son caleçon pour avoir la paix ? Il commençait à sérieusement envisager cette option.

Jack s'amusait comme un gosse, bien sûr, se collant à la fenêtre et commentant absolument chaque brin d'herbe qui leur passait sous le nez. Ce type le blasait. Moins discret, tu meurs. On aurait pu penser qu'ils étaient deux amis en vacances dans le coin, tellement le capitaine s'extasiait à chaque seconde. Owen ne comprenait pas en quoi des champs étaient si passionnants.

Cela compensait grandement pour le silence de mort qui avait dominé dans l'avion, remarquez, mais le changement soudain à 380° était terrifiant. Peut-être Jack était-il possédé par un alien ? Est-ce qu'il fallait qu'Owen le confine pour l'examiner ?

Les oreilles du docteur étaient devenues rouges alors qu'il imaginait la réaction de Jack s'il les enfermait tous les deux dans un minucule réduit.

Seigneur, cette image n'allait plus jamais le quitter.

Sa soudaine rougeur n'avait bien sûr pas échappé au mécréant, qui ne l'avait plus laissé tranquille, le taquinant sans relâche pour tenter de lui faire avouer le fond de sa pensée. Owen l'avait insulté, faisant rire aux éclats le capitaine et rouler des yeux le reste du wagon.

 

*

 

Jack adorait voyager : peu importait les circonstances, le plaisir du train et des paysages défilant devant ses yeux ne s'était jamais effacé. Les téléporteurs et vaisseaux spatiaux étaient monnaie courante au 51ème siècle, à part dans les contrées les plus reculées, aussi le capitaine n'avait-il jamais vu de train ou avion avant ses voyages avec le Docteur. Devoir attendre de longues heures avant d'arriver à destination possédait un charme désué qu'il goûtait à son juste goût.

Tosh n'avait pas tort : Tours était la préfecture de sa région, et à ce titre une des plus grosses villes du coin. Comparée à Cardiff, cependant, elle était bien sûr minuscule, mais cela ne signifiait pas que tout était à jeter. L'architecture extérieure de la gare, typique du XIXème siècle, était remarquable, tout comme la grande place ombragée lui faisant face.

Rien de cela n'avait trouvé grâce aux yeux d'Owen, qui avait bien sûr bougonné tout le long du voyage, rouspétant sur le changement d'heure répétitif et la fatigue qui allait avec. Jack l'avait ignoré, estimant qu'il ne faisait qu'assumer ses conneries, avant de se diriger vers une petite boutique située juste devant la gare.

Une bouchée dans leur brioche suffit à faire taire son employé.

  • Bordel Jack, y a quoi comme drogue dedans ?

Le capitaine roula des yeux, mais dévora son propre trésor.

 

*

 

Trouver l'appartement d'Alexandre avait été d'une facilité absolue grâce au gps alien fourni par Tosh. Y pénétrer et effacer toute trace les concernant avait pris moins de dix minutes, Jack montant la garde près de la porte alors qu'Owen faisait le sale boulot, ses grommellements affrontant le regard noir du capitaine.

La punition commençait à rentrer.

Un quart d'heure plus tard, donc, les deux hommes remontaient une grande rue pavée située dans le centre historique, les maisons à colombages se mélangeant à une collection impressionnante de bars et restaurants. L'établissement où travaillait Alexandre se trouvait à quelques minutes de marche : Jack demeurant Jack, évidemment, bondissait, surexcité alors qu'il découvrait les lieux. Owen roula des yeux en le voyant faire, se demandant quand la tête du capitaine allait tomber à force de la voir tourner si vite.

Le médecin était loin de partager sa bonne humeur : il était épuisé par le voyage et toujours sur les dents après les menaces de Jack, la pensée d'être retconné hérissant chaque poil de son corps. Même la présence d'une foule importante, composée principalement d'étudiants – l'université était à deux pas – et d'une descente dans les bars ne parvenait pas à lui remonter le moral.

Et l'excellente humeur de son abruti de chef était juste insultante.

  • Cesse de raler, Owen, j'entends ton cerveau hurler ! Se moqua celui-ci en lui décochant une tape. Profite un peu de la vue!

  • Plein de vieilles batisses, tu parles d'un paysage !

  • Un peu de culture ne fait jamais de mal, Dr Harper !

  • Surtout quand elle te permet d'impressionner le Teaboy? ironisa l'intéressé.

À sa grande horreur, un sourire narquois apparut sur les lèvres du capitaine.

  • A vrai dire..

  • Je ne veux pas savoir ! Garde ta vie privée pour toi! s'exclama Owen en lui balançant un coup de poing.

  • Elle n'a plus rien de privée maintenant que tu l'as laissée être exposée à la vue de tous, siffla l'immortel.

  • Combien de fois encore? grogna l'intéressé en se renfrognant un peu plus.

  • Tu veux vraiment une réponse? répliqua froidement Jack.

  • Je croyais qu'on avait une trêve ?

  • Thea est hors-heu, et la trêve avec !

  • Génial, pesta le docteur.

Le reste du trajet se passa dans un silence tendu, le duo s'immobilisant devant un bar à la façade orangée et dont émanait une forte musique. Les deux hommes échangèrent un regard, avant de vérifier une nouvelle fois la photo de leur cible, les yeux verts et longue crinière noire faisant ressortir le teint mate.

Un sifflement s'échappa de la bouche d'Owen alors que ce dernier sentait une main chaude se faufiler dans son dos, sous son blouson.

  • Harkness ! Qu'est-ce que tu fous ?

  • Rien de mieux qu'un couple en vacances pour se fondre dans la masse, ronronna l'intéressé dans son oreille.

Le plus jeune sentit le sang refluer de son visage.

  • Je te hais, jura-t-il très bas, alors qu'ils entraient dans le bar.

  • Non, tu m'adores, répliqua le capitaine, dont le visage s'illumina en découvrant un décor à l'ancienne en bois. Oh j'adore ! Style années 50 ! C'était le chic incarné, cette époque !

  • Tu en sais quelque chose, ironisa le pauvre Owen, qui luttait vainement contre la chaleur émanant du bas de son dos.

Bordel, c'est qu'il sentait bon, l'animal. Est-ce que c'était ce que sentait Ianto à chaque fois ? Pas étonnant qu'il y revienne.

Le rouge de ses joues augmenta.

Pourquoi est-ce qu'il pensait cela, lui ? Jack ne l'intéressait pas ! Le zouave était un canon, ok, mais Owen le connaissait assez pour ne pas en vouloir davantage.

À en juger par le sourire narquois de l'intéressé, son train de pensées devait être évident. Owen fronça les sourcils, le repoussant avant de se diriger vers une alcove.

  • Va chercher à boire au lieu de jouer à l'amoureux transi !

Jack lui décocha un baiser avant de sautiller vers le comptoir, où Alexandre les observait, son intérêt évident. Owen n'eut même pas besoin de regarder pour savoir que le flirt avait commencé. Le bar était déjà bien rempli à cette heure-ci, leur permettant de se fondre dans la foule, si on pouvait appeler cela se fondre pour Jack. Entre l'accent américain et le manteau de la RAF, on repassait pour la discrétion.

Il fallut exactement sept minutes et 25 secondes avant que Jack ne le rejoigne, accompagné d'un barman aux joues rosies. Le jeune homme esquissa un sourire moqueur, avant de jeter un regard plus qu'appréciateur à leur cible. Merde, dans d'autres circonstances …

  • John dit que vous êtes de passage dans la ville ? Vous aimez ce que vous avez pu voir?demanda le barman en anglais.

Owen haussa un sourcil, avant de se pousser pour lui faire de la place, Jack s'asseyant de l'autre coté.

  • Beaucoup, commenta-t-il en le dévisageant de haut en bas, avant de jeter un regard à l'immortel, se demandant quelle couverture il avait pu inventer.

Celui-ci glissa sa main le long de la table, liant leurs doigts. Owen crut qu'il allait le tuer sur place, et dut lutter pour ne pas retirer brutalement sa main. Le sourire de Jack était étincelant.

  • Juste un week-end en amoureux, commenta l'immortel, sa voix débordant de sucre d'orge alors qu'il caressait ses doigts des siens. Du plaisir, rien que du plaisir.

Au secours.

Alexandre ne semblait pas gêné par l'idée, semblant en plein rêve.

  • Tu ne devrais pas travailler? commenta Owen, en tentant d'ignorer l'expression mi-mièvre mi-moqueuse du capitaine.

  • Mon collègue est arrivé, mon service est terminé, commenta le Français en se rapprochant de lui, son expression plus que claire qu'en à ses pensées.

Owen sentit un sourire étirer ses lèvres : un peu de discussion, pas mal d'alcool, quelques provocations, et bientôt, les deux hommes s'embrassaient à en perdre haleine, leurs mains galopantes provoquant grognements et soupirs. Jack se lécha les lèvres, profitant de la vue puisqu'il ne pouvait participer – il était peut-être ouvert mais il ne trompait pas ses compagnons. Avec rapidité, il laissa tomber la petite pilule blanche dans son verre, avant de le présenter à Alexandre qui but la boisson avec reconnaissance.

Bientôt, cependant, la pièce commença à tourner autour de lui : les deux agents l'avaient anticipé, la prise d'Owen sur sa taille se faisant plus forte alors que Jack enroulait ses mains autour de lui.

  • Besoin de dormir, peut-être ? Tu as eu une longue journée, murmura le capitaine en déposant un baiser dans son cou – la seule chose qu'il se permettait.

  • Hum .. J'ai la tête qui tourne ..

  • On va te raccompagner, commenta Owen d'un ton sans appel, avant d'échanger un regard amusé avec Jack alors que le trio se levait.

  • Je peux.. Il faut juste que je me repose..

Un 'tutut' l'interrompit.

  • Hors de question que tu fasses un malaise seul, répliqua Jack en l'aidant à se lever, Owen passant sa main autour de sa taille en même temps que le capitaine vidait le verre dans le pot de fleurs le plus proche.

Le trajet jusqu'à son appartement leur prit plus de temps que prévu, Alexandre insistant pour essayer de marcher seul et luttant clairement contre la drogue. Il vacilla dans l'escalier menant à son appartement, ses jambes le lâchant brutalement. Jack le rattrapa à temps, avant de constater que l'homme avait perdu connaissance.

  • Bon, ben ça résoud le problème, commenta Owen alors que le capitaine soulevait le pauvre Alexandre tel une mariée.

L'intéressé lui décocha un regard alternant entre l'irritation et la fatigue.

  • Ouvre-moi la porte au lieu de me salir les oreilles !

  • Tant de tendresse ! On se demande comment tu as tenu si longtemps !

Jack le fusilla du regard.

  • En fuyant les abrutis prétentieux sans délicatesse !

Owen se mordit la langue pour ne pas répondre, son naturel cynique déjà fin prêt à lancer une nouvelle pique. Il était déjà bien enfoncé dans les ennuis, on allait éviter d'empirer les choses, surtout en attaquant l'immortalité de Jack. Le sujet était plus que sensible chez le capitaine et Owen n'avait aucune envie de se refaire frappé – sa joue s'en souvenait toujours, merci bien.

Une porte ouverte, un Français allongé dans un canapé, un verre et des bouteilles vides installé sur la table basse et sur le sol, et le décor était créé. Alexandre se réveillerait avec une gueule de bois et amnésique, persuadé qu'il avait trop tiré sur le bouchon la veille au soir.

Et Torchwood serait sauf.

Les fesses d'Owen, c'était toujours à voir.


choup37  (28.12.2017 à 22:57)
  • Coup de chance! Nos deux derniers loustics sont dans la même ville!

La voix de Tosh émanait dans la chambre d'hotel à travers la webcam. Jack lui faisait face, assis sur le canapé, son manteau oublié sur une chaise derrière lui. Depuis la fenêtre, Owen tourna la tête, une bière à la main.

  • Vraiment?

  • Tu vas aimer ça, Owen, ironisa la jeune femme. Ils sont à Londres.

Les yeux du médecin s'illuminèrent. Jack lui décocha un regard froid, lui faisant comprendre silencieusement que son enthousiasme était plus que déplacé étant donné leur situation. Il ne voulait non plus pas un tour en tyrolienne, tant qu'il y était?

  • Donne-nous les profils, Tosh. Ianto, envoie-moi les billets d'avion sur mon portable.

  • Déjà en cours, Jack, répliqua le Gallois dans le fond alors que des bip bip indiquaient l'arrivée des fichiers sur l'ordinateur.

  • Oya Tish, étudiante japonaise de 21 ans en échange, cursus Histoire, et Philip Gwayne..

Le brusque coup de poing de Jack fit tomber le silence. L'immortel était devenu blème, son expression fermée.

  • Tosh. Photo.

Celle-ci haussa un sourcil, et échangea un regard avec Gwen et Ianto: la voix de leur chef était tendue, la ligne de sa bouche fine.

  • Jack? appela Gwen en apparaissant à son tour. Tu le connais?

Celui-ci ne répondit pas, plissant les yeux en découvrant la photo envoyée par Tosh: un homme noir d'une trentaine d'années et aux yeux bleu nuit. Et là, à peine distincte près de son oeil droit.. une minuscule cicatrice en forme de lune.

Jack déglutit.

  • Jack? insista Gwen.

 

*

 

  • Jack!

  • Je .. je vais bien, je.. Oh, merde, marmonna l'immortel en se sentant tourner de l'oeil.

  • Bordel, Jack! siffla son compagnon en l'attrapant par le bras. Tu as besoin de soins!

  • N-non, je..

1973. Une rue sombre de Londres.

Il était sensé aider Torchwood Londres à identifier et capturer un métamorphe. Il n'était pas sensé se faire tirer dessus alors qu'il aidait l'alien à s'échapper. Les gardes n'avaient pas vu son visage, mais ils ne l'avaient pas loupé.

Déjà, les points noirs familiers envahissaient sa vision, son corps s'allourdissant alors qu'il se sentait tomber au sol.

Quand il revint à la vie, chacun de ses muscles hurlant comme s'ils avaient été trainés sur des pics de glace, il était seul.

 

*

 

Jack ferma les yeux, contenant difficilement les émotions violentes qui venaient de l'envahir alors que le vieux souvenir était ramené à la surface.

  • Jack?

La voix inquiète de Ianto le tira de ses lourdes pensées. Le capitaine tressaillit, et se passa instinctivement la main sur le visage, une lassitude qu'il ne connaissait que trop se rappelant à lui.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, un masque dur était tombé sur son visage.

L'équipe grimaça en coeur. Quand Jack abordait cette expression, les ennuis n'étaient jamais bien loin.

  • Owen se charge de l'étudiante. Je m'occupe de Gwayne.

  • Quoi? Depuis quand on se sépare? s'opposa le médecin.

  • Plus simple, plus rapide, répliqua le capitaine en se levant, son irritation évidente.

Owen fronça les sourcils, avant de poser brusquement sa bouteille sur une table.

  • T'as pas l'impression de me prendre pour un con, là?

  • Je n'en ai pas besoin, tu entretiens parfaitement ta réputation, grogna Jack.

  • Jack!

La voix outrée de Gwen venait de s'élever par la webcam.

  • Ce n'est pas pour le soutenir, mais Owen a raison. Ianto venait d'intervenir. Pourquoi vous séparer? Et ne viens pas me dire que c'est plus rapide, tu ne l'as pas lâché depuis que vous êtes partis!

  • À raison, siffla le capitaine, s'attirant un nouveau regard noir.

  • Tu me gardes en laisse depuis trois jours et là d'un coup tu te débarasses de moi? Qu'est-ce que tu caches?

  • Rien qui ne te concerne, pesta l'immortel.

Bordel, son équipe pouvait être tellement lourde parfois.

  • Tu le connais. Jack sentit son corps se tendre un peu plus devant l'assurance de Gwen. Tu connais Gwayne. Ça crève les yeux!

  • Et c'est bien parce que je le connais que je veux le voir seul! tonna son chef, irrité devant l'insistance de la brune. Je n'ai aucune idée de comment cela va se passer, et il est hors de question que je mette quelqu'un en danger!

L'homme était clairement sur les nerfs, une lueur noire au fond de son regard alors qu'il luttait clairement pour ne rien casser. Ses amis échangèrent des regards: ils avaient appris à reconnaitre les moments où le passé du capitaine remontait, et ceci en était un, sans aucun doute.

Ianto fronça les sourcils, avant de faire signe à Tosh de lui laisser la place devant l'écran. La jeune femme recula, décidant de laisser la main à son collègue.

  • Jack. Jack, regarde-moi. Le capitaine se mordilla la lèvre, avant de se tourner vers l'ordinateur. Est-ce qu'il est dangereux?

Les épaules du plus âgé s'affaissèrent.

  • Je ne sais pas, murmura-t-il en se laissant retomber sur le canapé. Il me croit mort, reconnut-il, fatigué.

Un froncement de sourcils général.

  • C'est à dire? demanda Gwen. Il connait Torchwood?

Jack roula des yeux.

  • C'est l'euphémisme du siècle. Un grognement frustré lui échappa devant les regards insistants. C'est un métamorphe, ok? Et Londres le voulait. Ils n'arrivaient pas à l'attraper, alors Cardiff m'a envoyé.

Seigneur, il détestait parler de son passé, cette période en particulier. Et il n'aurait même pas le plaisir de pouvoir se bourrer pour oublier après cela, son cher organisme assimilait l'alcool comme du petit lait.

Autour de lui, le silence était tombé, les yeux s'ouvrant légèrement alors que le groupe découvrait une partie inconnue de la vie du capitaine. Celui-ci ne parlait jamais d'avant leur arrivée au Hub: même Ianto, l'archiviste du groupe et le plus proche à titre personnel de leur chef, n'obtenait que de rares confessions.

Jack soupira.

  • Londres.. Je ne pouvais pas le leur laisser. Vous savez ce qu'ils lui auraient fait.

Gwen fronça les sourcils. Jack contint un juron en se rappelant que la jeune femme ne connaissait quasiment rien de la version Torchwood mode Hartman. Ianto s'était renfermé, ses propres souvenirs faisant définitivement disparaitre le peu de sa bonne humeur demeurante. Malgré lui, sa main vint frotter son bras droit, là où demeuraient des cicatrices jamais totalement disparues de Canary Wharf.

  • Tu m'étonnes, grogna Owen. Des bourreaux, lâcha-t-il durement à Gwen qui palit. Tu nous trouvais rudes? Ils faisaient des expériences sur les pauvres bougres qu'ils chopaient!

La bouche de la Galloise s'ouvrit en un rond horrifié.

  • Tu n'as aucune idée, marmonna Jack, son regard perdu dans le vide. Je ne pouvais pas.. Je l'ai trouvé, et je l'ai aidé à s'échapper, mais .. Hé bien, disons juste qu'on ne s'échappait pas ainsi de la Tour.

  • Ils vous ont poursuivis? comprit Tosh.

Un large sourire étira soudain les lèvres de Jack, le changement soudain faisant frissonner le groupe.

  • Yep. Une jolie course-poursuite; idéal pour perdre du poids.

Il y avait quelque chose de plus, un sous-entendu latent qui laissa les autres agents mals à l'aise. Ianto plissa les yeux. Il connaissait très bien ce faux sourire.

  • Ils vous ont tirés dessus? Le groupe se tourna vers lui, avant de fixer le capitaine dont le sourire s'était figé. Jack .. ils t'ont tué?

Des hoquets horrifiés. Le masque de l'immortel était retombé, sa voix plate quand il répondit:

  • Comme je l'ai dit, Londres n'aime pas les fuyards.

  • Jack, souffla Gwen.

  • Et Philip me croit mort, ajouta-t-il en se levant brusquement, leur tournant le dos. Il risque déjà de paniquer en me voyant débarquer des décennies plus tard, je ne peux pas emmener quelqu'un d'autre.

  • Des déc.. Owen fronça les sourcils. Attend, c'était quand?

  • Quoi?

  • Cette fuite, ce type, ça s'est passé quand?répéta-t-il.

Jack se mordilla la lèvre, cherchant dans ses souvenirs.

  • 1973, répondit-il finalement.

  • 1973?!

  • Sérieusement ? Mais il avait .. Owen fit un rapide calcul. Il avait quel âge quand tu l'as sauvé?

Le capitaine haussa les épaules.

  • C'est difficile à dire, son peuple vit plus longtemps que les humains, une centaine d'années souvent. Une vingtaine d'années, je pense.

De nouveaux sons de surprise et d'horreur. Owen croisa les bras.

  • Je viens avec toi.

  • Owen, s'exclama l'immortel sans plus chercher à cacher son exaspération, je t'ai déjà dit..

  • Et je suis ton second, et ton médecin, et s'il panique et te tire dessus, il faudra quelqu'un pour te sortir, le coupa sèchement le docteur. Et, ajouta-t-il devant l'expression de son chef, le Teaboy m'arrachera les yeux si je ne te ramène pas entier. Un grognement monta de l'écran. Voilà.

  • Sérieusement? Tu en as davantage peur que moi?

  • Je ne veux pas vivre au déca un mois, répliqua le médecin avant de croiser les bras. On aura tout le temps de trouver la gamine en dernier, Gwayne, par contre..

Jack lâcha un soupir frustré, avant de lever les bras au ciel.

  • Est-ce qu'un jour tu suivras un de mes ordres?

  • Dix secondes avant ma mort, peut-être, ironisa Owen avant d'attraper sa bière. Alors, tu nous expliques comment ça fonctionne, ses métamorphoses?


choup37  (03.02.2018 à 14:41)

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Direction Chicago pour voter pour le concours!

Triny, Avant-hier à 09:01

Pour ceux qui n'ont pas encore pris le départ pour la chasse au trésor, il n'est pas trop tard !!

CastleBeck, Avant-hier à 13:55

Deux quartiers attendent vos dans les préférences. Merci pour eux

HypnoBlabla

Supersympa, Aujourd'hui à 00:23

Mais c'était une grosse déchirure ?

LastAmy26, Aujourd'hui à 00:24

On voyait pas très bien Mais ça devait être une moyenne. Par contre, le noir, on le voyait !

Supersympa, Aujourd'hui à 00:26

C'est joli le noir^^

LastAmy26, Aujourd'hui à 00:27

Oui, j'aime beaucoup ^^

LastAmy26, Aujourd'hui à 00:28

Enfin, ça devait être mieux que lorsqu'elle avait la voix cassée et qu'elle devait chuchoter dans son micro ^^

Viens chatter !