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Script VF de Fall to Earth

Ianto : le 21ème siècle est celui de tous les changements. Et Ianto Jones est prêt.

Musique Symphonique. Ianto, haletant, composant un numéro de téléphone

IANTO : (très paniqué) Très bien, c’est parti. Allez ! Allez ! Allez ! Ah! Aille?

IANTO: Bonjour. Excusez-moi, je… je suis à bord d’un vaisseau spatial qui est en train de de chuter !!!

À l’autre bout du téléphone, répondeur, HOMME : Ici la société Jubillee Pizza. Le personnel est actuellement indisponible. Veuillez parler après le bip : beep, beep…

IANTO (hurlant)

Torchwood Theme

IANTO : C’est ma chance ! Y’a du sang partout ! Oh pitié, à l’aide !

ORDINATEUR DE BORD : Itinéraire de vol, déviation. Avertissement.

(il reçoit un appel)

IANTO (au téléphone) : Jack ?

Femme (au téléphone) : Êtes-vous M. Jones ?

IANTO (soulagé) : Oui !!!

FEMME (au téléphone, avec un accent oriental) : M. Ianto Jones ?

IANTO : oui, oui, merci mon dieu ! Merci mon dieu !

FEMME (au téléphone) : Monsieur Jones, si je puis vous appeler ainsi ?

IANTO : bien sûr !

FEMME (au téléphone) : Si vous pouviez m’accorder quelques instants. Avez-vous déjà été victime d’un accident de travail ?

IANTO : quoi ??

FEMME (au téléphone) : Je me présente, je m’appelle Zeynep. Seriez-vous intéressé de souscrire à l’une de nos offres d’assurance professionnelle ?

IANTO (riant, crises de nerfs) : Ah ah !!!

FEMME (au téléphone, surprise) : M. Jones ?

IANTO (hilare) ! Écoutez,  je suis actuellement en train de me vider de mon sang à bord d’un vaisseau spatial qui dégringole vers la Terre !

ZEYNEP : M. Jones ?

IANTO : vous avez bien entendu ! Écoutez ! Vous entendez ? (cliquetis métallique, carcasses s’entrechoquant) : Ceci est le bruit que fait le vaisseau spatial le SkyPuncher créé par Ephraim Salt quand il va se crasher !

ZEYNEP : M. Jones ?

IANTO : faites une recherche sur Google ; premier vol spatial privatisé, dernières nouvelles : ça va pas fort !

ZEYNEP : M. Jones ?

IANTO (aux abois) : c’est tout ce que vous savez dire ???

ZEYNEP : M. Jones. Je vous prie de m’excuser si je vous dérange, le moment est mal choisi…

IANTO (mort de rire et ironique) : Oh oh oh !

ZEYNEP (neutre) : Si vous le désirez, vous serez contacté ultérieurement par l’un de nos correspondants.

IANTO (fou rire nerveux) : oh oh mais volontiers ! J’aurai beaucoup de temps libre demain !

ZEYNEP : c’est parfait. Je vais mettre à jour nos fichiers. Merci de m’avoir accordé cet instant.

IANTO (se calmant) : Je vous en prie…

ZEYNEP : M. Jones ?

IANTO : je sais que ça a l’air fou mais je vous assure que ce n’est pas un canular !

ZEYNEP (stoïque) : Je vous crois M. Jones, mais j’ai bien compris que je vous ai appelé à un moment inopportun,  et je serais bien…

IANTO : d’accord ! D’accord !

ZEYNEP : M. Jones ?

IANTO : en fait je suis intéressé par l’une de vos offres d’assurance professionnelle.

ZEYNEP : M. Jones ?

IANTO : je vous prends une assurance…  si vous restez en ligne.

ZEYNEP : excellente décision, M. Jones. Choisiriez-vous une assurance domestique ou universelle ?

IANTO : Universelle !

ZEYNEP : très bien. Cette offre couvre les accidents et les blessures causés dans le cadre professionnel…

IANTO (l’interrompant) : oui, oui c’est ça. Parfait !

ZEYNEP : si vous me le permettez, je dois terminer. Cette offre ne couvre pas le temps passé hors du cadre professionnel pour motif de maladie ou d’affection de longue durée entraînant un traitement incompatible avec le travail.  Mais nous assurons également la perte de salaire par un forfait qui…

IANTO (pendant le monologue de Zeynep) : oui, ouais, ouais… pr…prends la boîte ! Bien sûr !

ZEYNEP : M. Jones ?

IANTO : c’est rien ! Je vous écoute, continuez !

ZEYNEP : avez-vous une affection reconnue ?

IANTO : hé bien, ma jambe se vide de son sang !

ZEYNEP : j’ai bien peur que notre assurance ne couvre pas ce genre de situation.

IANTO: quel dommage !

ZEYNEP : je suis désolée. Pourrais-je avoir votre adresse mail ?

IANTO : euh…Ianto@Torchwood.org.uk.

ZEYNEP : Ianto avec un Y ?

IANTO (à bout de nerfs) : I ! A ! N ! T ! O ! Arobase !

ZEYNEP : Je vous remercie. De quelle façon préférez-vous payer à présent ?

IANTO (pris au dépourvu) : euh…

ZEYNEP : par carte bleue ou crédit ?

IANTO : euh, un instant. (il se retourne, à bout de souffle) : Carte bleue.

ZEYNEP : il a y une taxe de 3 £.

IANTO : pas de problème.

ZEYNEP : nom du porteur de la carte ?

IANTO : M.I. Jones.

ZEYNEP : je ne vous ennuie pas si je vous demande le numéro de la carte ?

IANTO (soupir): 7674984333333021.

ZEYNEP : les derniers chiffres sont bien 2031.

IANTO : Non ! 3021 !

ZEYNEP : effectivement, excusez-moi, M. Jones. 3021.

IANTO : oui, bon sang oui ! (se calmant) Mon dieu…

ZEYNEP (presqu’inaudible) : bien, à présent M. Jones pourrais-je avoir la date d’expiration ?

IANTO : c’est pas vrai ! 00/05/2010

ZEYNEP : on dirait que c’est bien enregistré.

IANTO : super.

ZEYNEP : toutes mes félicitations, M. Jones, vous êtes désormais parfaitement couvert. Votre souscription vient de vous être envoyée par mail. Vous avez un délai de rétractation de 48h. Je vous souhaite une belle journée de travail sans incident.

IANTO : je ne vous le fais pas dire !

(un bruit d’explosion)

IANTO : ah !

ZEYNEP : puis-je vous aider en quoi que ce soit, M. Jones ?

IANTO : arrêtez ma chute !

ZEYNEP : M. Jones ?

IANTO : Écoutez ! Tous vos appels sont automatiquement enregistrés pour des raisons de sécurité et de législations. N’est-ce pas ?

ZEYNEP : oui.

IANTO : je vous dis la vérité. Je suis vraiment à bord du SkyPuncher de Ephraim Salt. Ça se passe mal et la seule personne qui puisse m’aider, c’est vous !

ZEYNEP : M. Jones, je…

IANTO : si vous ne le faites pas, vous et votre plateforme d’appels allez devenir célèbres pour de mauvaises réponses. Ok c’est peu probable, mais vous savez quoi: c’est ça la vie et ce genre de choses ont tendance à se multiplier.

ZEYNEP : je vends des assurances, c’est tout.

IANTO : oh, aujourd’hui vous allez faire bien plus que ça, ok ? Je vous demande de me rechercher sur Google les plans du SkyPuncher. Tout ce que vous trouvez !

ZEYNEP : mais je ne le peux pas.

IANTO : vous le pouvez !

ZEYNEP : Non, M. Jones. J’ai bien peur que nos bureaux (d’ordinateur) ne soient bloqués.

IANTO : ok. Ils ne le sont plus. Je viens de vous envoyer un code spécial depuis mon portable à votre casque.

(un bip)

ZEYNEP : oh qu’est-ce que c’est ? Qu’avez-vous fait à mon ordinateur ?

IANTO : pas mal, non ? Vous allez peut-être commencer à me croire ? Votre ordinateur est à présent la machine à indexation d’informations  la plus puissante au monde.

ZEYNEP : qui êtes-vous ?

IANTO : M. Jones.

ZEYNEP : mais (elle bredouille)…

IANTO : oh vous avez perdu votre texte ! Vous et moi allons trouver un moyen de faire atterrir ce truc.

ZEYNEP : vous  ne pouvez pas le faire vous-même ?

IANTO : mon téléphone est bon mais autant que ça !

ZEYNEP : est-ce que les portables ne sont pas interdits à bord d’un avion ?

IANTO : c’est le cadet de mes soucis ! Je vous en prie !

(Explosion)

IANTO : oh merde !

ZEYNEP : je suis désolée, M. Jones. Je vais devoir mettre un terme à cette communication.

ORDINATEUR DE BORD : Veuillez rectifier l’angle de descente. Réactivez le pilotage automatique.

IANTO (hurlant): Mais je sais pas comment faire !! (se calme) c’est bon. Adieu.

ZEYNEP : M. Jones, le cockpit – le gros bouton vert !

IANTO : quoi ?

ZEYNEP : le gros bouton vert, appuyez, vite !

(Ianto appuie, les moteurs semblent ralentir)

ORDINATEUR DE BORD : pilotage automatique réactivé.

IANTO (retrouvant son calme alors que les choses redeviennent normales) : Comment avez-vous fait ?

ZEYNEP : j’adore les jeux de vols en simulation. On dirait que ça sert d’y jouer.

IANTO : on reprend de l’altitude. Formidable. Merci.

ZEYNEP : heureuse d’avoir pu vous aider aujourd’hui. Y-a-t-il autre chose que je puisse faire pour vous ?

IANTO : j’ai toujours besoin que vous me cherchiez tout ce que vous pouvez sur cet appareil.

ZEYNEP : M. Jones, êtes-vous certain que je ne puisse pas vous mettre en relation avec quelqu’un d’autre ?

IANTO : oh non. Je vous ai vous… Pas vrai ?

ZEYNEP : puis-vous vous demander ce que vous faites à bord de cet avion ?

IANTO : euh, je suis mort de trouille ? (cri de douleur) Ah ah…

ZEYNEP : M. Jones ?

IANTO : désolé, c’est ma jambe.

ZEYNEP : elle saigne vraiment beaucoup ?

IANTO : oui.

ZEYNEP : je crains de devoir transférer cet appel aux services des urgences.

IANTO (la coupant net) : Non !

ZEYNEP : ils pourraient peut-être vous…

IANTO (la coupant de nouveau) : non, ne faites pas ça ! S’il vous plait, veuillez me faire confiance ! Ce n’est pas… c’est… C’est compliqué. Écoutez, ma jambe ? Oh tout va bien !

ZEYNEP : vraiment ?

IANTO : c’est juste une égratignure.

ZEYNEP : je suppose donc que vous l’avez stoppée par un garrot ?

IANTO : euh, oui ?

ZEYNEP : en utilisant un bandage ou une serviette de table.

IANTO : une serviette de table de l’espace ? (rire nerveux) euh, j’ai, j’ai ma cravate que je pourrais utiliser.

ZEYNEP : ça devrait marcher.

IANTO : d’accord…

ZEYNEP : je suis sûre que vous l’avez serrée assez fort.

IANTO (la voix aigüe) : Ah, oui !

ZEYNEP : plus serré que ça !

IANTO couine

ZEYNEP : bien. Je n’aurai donc pas besoin de transférer cet appel…

IANTO : non !

ZEYNEP : … aux personnes indubitablement bien plus qualifiées pour gérer votre situation.

IANTO : c’est… compliqué.

ZEYNEP : de ce que je lis sur Google, il n’y a pas de M. Jones enregistré comme passager sur la liste.

IANTO : je ne suis pas un passager… Je suis, euh, le, hum, majordome.

ZEYNEP : le steward de l’air?

IANTO : je préfère le « majordome de l’air ».

ZEYNEP : je vois.

IANTO : Écoutez. Ceci est le tout premier vol spatial privé. Beaucoup de personnalités à bord, Ephraim Salt lui-même, un évènement bien entendu très médiatisé. Je devais être à bord pour m’assurer du bon déroulement du vol.

ZEYNEP : et comment cela se présente-t-il, M. Jones ?

IANTO : je crois que tout le monde est mort et le vaisseau a des ratés.

ZEYNEP : je vois.

IANTO : nous remontons. Vous pensez pouvoir trouver les plans du SkyPuncher ?

ZEYNEP : j’y travaille. Ce logiciel est incroyable. Vous devriez le commercialiser.

IANTO : j’essaierai de m’en souvenir.

ZEYNEP : Si vous le permettez je peux vous rassurer sur la totale confidentialité avec laquelle je traite cette information, M. Jones. Et c’est sans rapport avec une fille qui était dans la même école que moi (?, ndr)

IANTO : non.

ZEYNEP : elle est tellement grosse. Et elle a dépassé le plafond autorisé sur ses cartes de crédits.

IANTO (amusé) : Vous devriez lui vendre une assurance.

ZEYNEP (amusée) : Je vais m’en souvenir, M ; Jones.

IANTO (derrière un bruit) : Je vire le pilote de son siège, ah, autant profiter de la vue. Voilà !

ZEYNEP : et comment est-elle ?

Musique

IANTO : magnifique : Nous sommes bien au-delà de l’atmosphère. Mon amie Gwen dit que voler se résume à 2 moments de terreur et des heures d’ennui. Ha. Là c’est juste la terreur.

ZEYNEP : votre amie Gwen ?

IANTO : collègue.

ZEYNEP : majordome de l’air aussi ?

IANTO : pas vraiment.

ZEYNEP : je m’en doutais. Vous êtes quoi, un espion ?

IANTO : mh…

ZEYNEP : M. Jones, puis-je vous connaître votre métier ?

IANTO : je préfère pas.

ZEYNEP : je vois.

IANTO : la vue est vraiment superbe. On a l’impression de flotter, pas comme dans le film 2001, mais…  écoutez… je viens de lâcher mon stylo et il se balade.

ZEYNEP : j’aime beaucoup ce mot.

IANTO : votre anglais est impeccable pour une, oh, euh, désolé, je présume que les plateformes d’appel sont toujours situées à l’étranger, alors, voilà…

ZEYNEP : je suis à Glasgow.

IANTO : d’accord. Désolé.

ZEYNEP : je plaisante, je suis à Izmir.

IANTO : qui est ?

ZEYNEP : regardez en bas. En Turquie. Vers la gauche, bonjour !

IANTO : oh, près de la plage.

ZEYNEP : ah, non. Notre rivière est si pleine de poisons qu’on ne suspend pas notre linge par grands vents. Mon bureau se trouve à la limite de la ville et offre une jolie vue sur une carrière non autorisée de sable où les gens viennent compresser des voitures.

IANTO : sympa.

ZEYNEP : je vous enverrai une carte postale.

IANTO : je pense quand même que ma vue est plus belle.

ZEYNEP : et quel est le but de votre périple aujourd’hui, M. Jones ?

IANTO : parce que… parce que personne ne m’a cru quand j’ai dit qu’Ephraim Salt était en danger. J’ai voulu le sauver. J’ai fait mon possible. On pourrait appeler ça mon… sens du devoir.

ZEYNEP : c’est certain vous êtes bien un espion, n’est-ce pas M. Jones ?

IANTO (hésitant puis sur un ton mystérieux)) : Oui, je suis un espion.

ZEYNEP : ouh, racontez-moi !

IANTO : j’aimerais bien mais c’est compliqué.

ZEYNEP : vous avez un permis de tuer ?

IANTO : vous me faites marcher ?

ZEYNEP : je me fais injurier toute la sainte journée par de parfaits inconnus. C’est mon tour à présent. Cela dit, nous aimons les espions, ici. Savez-vous comment on dit « mallette » en turc ?

IANTO : je vous écoute.

ZEYNEP : le sac à main de James Bond.

IANTO : c’est, ouais !

ZEYNEP : je sais. C’est comment l’espace ?

IANTO : très proche ! Le ciel est très incurvé, nous nous dirigeons droit vers l’endroit le plus incurvé de la… courbe ! Et tout a l’air bizarre. La moitié est noyée dans le jour, et l’autre moitié est dans la nuit. Entre les deux on aperçoit un arc-en-ciel.

(un bruit lourd et retentissant)

IANTO : whoua !

ZEYNEP : M. Jones, tout va bien ?

IANTO : yep, just quelques turbulences. Mais, euh, à cette hauteur c’est chaud ! (soupire) nous quittons l’atmosphère,  lentement mais c’est étonnant. Il fait froid. Il doit geler à l’extérieur. Vous en êtes où avec l’ordinateur ? Je risque d’avoir besoin d’infos assez vite.

ZEYNEP : vous pouvez donc faire demi-tour. Comme vous le voyez, ça cherche encore.

IANTO : en théorie. Nous allons devoir faire un tour pour rien autour du satellite le plus récent d’Ephraim Salt avant de redescendre. J’arrive pas à croire qu’on va faire tout ça en pilotage automatique.

ZEYNEP : et quelles sont vos aptitudes à piloter un avion ?

IANTO : pas terribles.

ZEYNEP : James Bond ne dirait jamais ça.

IANTO : je ne suis tellement pas James Bond ! Être espion c’est, euh, c’est… Ma vie est vraiment souvent morose.

ZEYNEP : à bord d’un vaisseau spatial attaqué par des terroristes.

IANTO : c’est possible oui comme c’est peut-être accidentel.

ZEYNEP : un accident que vous auriez prédit. Nous sommes dans les assurances et dans notre jargon on appelle ça « quelque chose de louche ».

IANTO : ok, vous m’excusez un instant ?

ZEYNEP : bien sûr.

IANTO : l’espace est très… Whoo, bon je dois jeter un œil aux passagers, m’assurer qu’ils sont tous attachés. Je veux éviter d’avoir des cadavres volants. (il se détache, musique zen). Bien, j’ai l’impression de nager. Un peu… Whoo, bien. Tout le monde est attaché. (surpris). Ils ont l’air serein !

ZEYNEP : je croyais qu’ils étaient tous morts ?

IANTO : c’est le cas, je pense. C’est un peu flou. Ma jambe était… Là j’ai l’impression d’être le vainqueur de Big Brother (la tv reality, ndr) !

ZEYNEP : c’est un cas inhabituel.

IANTO : n’est-ce pas ? Je n’ai pu déceler aucun pouls. Ce fut si soudain, il y a eu un boom et…

ZEYNEP : M. Jones, je ne vous entends plus.

IANTO : on est au plus proche des récepteurs satellites. La liaison devrait être nickel.

ZEYNEP : oui il y a un monde entre mon séjour et mon balcon. Je vais essayer de capter le signal plus loin.

IANTO : on est vraiment très proche du satellite. Pilotage automatique est efficace. On fait une boucle et on repart en descente. C’est maintenant que je vais avoir besoin de votre aide.

ZEYNEP : l’ordinateur indique 73%. J’ignore ce que ça veut dire.

IANTO : embêtant.

ZEYNEP : vraiment, M. Jones ?

(bruits de réacteurs, de fusées)

IANTO : on va faire demi-tour.

ORDINATEUR DE BORD : alerté proximité ! Alerte proximité !

IANTO : non ! Non !

(Une explosion)

IANTO : oh ! Aaah ! (continue de lutter alors que l’engin part en vrille de nouveau et que des alarmes grondent)

ZEYNEP : M. Jones ? M. Jones ? Vous m’entendez ? M. Jones, vous allez bien ?

IANTO : non pas vraiment. Petit incendie et puis des trucs.

ZEYNEP : que s’est-il passé ?

IANTO : on s’est écrasé sur le satellite, je viens de faire une embardée. J’ai cru que c’était la fin, mais, hé, hé, suis toujours là.

ZEYNEP : vous avez détruit le satellite de communications ?

IANTO : pas moi ! Le vaisseau a juste… une minute !

ZEYNEP : quoi ?

IANTO (bidouille des manettes) : le pilotage automatique est mort. J’ai vraiment besoin des plans maintenant !

ZEYNEP : toujours en cours de téléchargement…

IANTO : vous ne comprenez pas ! J’ai besoin de savoir comment faire faire demi-tour à cet engin sinon on va directement se perdre dans l’espace !

ZEYNEP : c’est presque terminé. Est-ce que vous ne pouvez pas… ?

IANTO (la coupant) : non je ne peux pas ! Si je l’éloigne encore je serais hors de portée de tout signal téléphonique.

ZEYNEP : d’accord, je suis dessus, je….

Une musique d’attente démarre suivie d’un message disant « votre appel est important pour nous. Veuillez ne pas quitter. Avez-vous déjà envisagé de changer d’organisme assureur ?

IANTO : non, non, non, non, non !

ZEYNEP : M. Jones, vous êtes toujours là ?

IANTO : oui, merci. Mais je vous entend mal. Vous pouvez parler plus fort ?

ZEYNEP : Écoutez-moi. J’ai dépassé les limites autorisées pour un appel de démarchage commercial. Le système nous a signalé.

IANTO : mais forcément…

ZEYNEP : je ne veux pas que l’ordinateur me dénonce à mon patron.

IANTO : oh bien sûr que non ! Vous êtes juste en train de ma sauver la vie !

ZEYNEP : M. Jones ?

IANTO : Qu’est, qu’est-ce que vous avez ? ?

ZEYNEP : pardon ?

IANTO : vendez-moi  quelque chose !

ZEYNEP : Ah ? Assurance vétérinaire ?

IANTO : Myfanwy !

ZEYNEP : veuillez épeler ?

IANTO : M-Y-F-A-N-W-Y

ZEYNEP : M comme maman, Y comme Yéti, F comme Freddy, A comme apple, N comme non, W comme weather (temps-climat) et Y comme Yéti.

IANTO : très bien !

ZEYNEP : et est-ce un mâle ou une femelle ?

IANTO : ah vous êtes de nouveau sur votre texte ?

ZEYNEP : Évidemment Monsieur. Cela ne sera pas long.

IANTO : femelle, je crois.

ZEYNEP : Chien chat, oiseau, lapin, autre ?

IANTO : oiseau ! Ouais, un oiseau !

ZEYNEP : quel genre d’oiseau ?

IANTO : exotique.

ZEYNEP : aucune affection reconnue ?

IANTO : du tout !

ZEYNEP : quel âge ?

IANTO : ah ! Euh…

ZEYNEP : désolée, je n’ai pas saisi…

IANTO : peu importe, 3.

(bruits mécaniques en fond sonore)

ZEYNEP : Et êtes-vous d’accord si j’utilise la carte déjà existante dans nos fichiers pour tout demande d’informations concernant Myfanwy ?

(les bruits s’intensifient)

IANTO : oh oui !

ZEYNEP : je suis donc enchantée de vous dire que Myfanwy est désormais assurée.

(le silence revient)

IANTO (idiot) : Hourrah !

ZEYNEP : y’a-t-il autre chose que je puisse faire pour vous aider aujourd’hui, M. Jones ?

IANTO : oui, m’aider à remettre cet engin dans le bon sens.

ZEYNEP : il vous suffit d’embrayer doucement sur le levier de gauche et vous diriger vers la Terre.

IANTO : et comment je fais ça ?

ZEYNEP : devant vous vous avez un tableau de commandes avec un, euh, ça ressemble à un volant.

(bruits d’explosion)

IANTO : oui, mais le volant est verrouillé.

ZEYNEP : exact, mais cela sert uniquement en mode planeur.

IANTO : quoi ?

ZEYNEP : pas capital pour le moment. J’ai pas encore lu tous le manuel. Mais comment avez-vous déniché ça surtout ? Bref, sous le volant il y a deux leviers qui ressemblent à des manettes de flipper (le jeu, ndr).

IANTO : des manettes de flipper ? Ah c’est bon, je les ai !

ZEYNEP : appuyez sur celui de droite et pas plus haut que jusqu’à la croix, juste au-dessus de l’apogée.

IANTO : l’apogée ?

ZEYNEP : jusqu’à ce que le nez (de l’engin) pointe vers les étoiles et non vers le ciel.

IANTO : ok, celui de droite.

ZEYNEP : doucement, ces trucs sont plus comme des sèche-cheveux que des moteurs.

IANTO : d’accord. C’est fait. Maintenant ?

ZEYNEP : on prie pour que l’élan vous ramène dans l’atmosphère.

IANTO : on dirait que ça marche.  Lentement.

ZEYNEP : lentement c’est bien.

IANTO : quand saurai-je si je pénètre à nouveau dans l’atmosphère ?

ZEYNEP : vous allez être secoué et il fera plus chaud.

(une alarme retentit)

IANTO : whouah ça secoue ! C’était pas si terrible de revenir.

ZEYNEP : puis votre angle de vol est programmé par des experts. Je vends des assurances et vous servez des boissons.

IANTO : et je fais l’espion ! Whouah (gémit)

ZEYNEP : à présent vous devriez redescendre en sécurité contrôlée.

IANTO : je descends en douceur.

ZEYNEP : si on a bien compris. Sur le panneau de contrôle dites-moi ce qui est allumé.

IANTO : Tout ! Presque tout, je crois. Aah !

ZEYNEP : apparemment nous cherchons un indicateur où il est écrit « déploiement des ailes planeur ». Deuxième bouton en partant du bas, et le troisième en partant du bord.

IANTO : je le vois pas !

ZEYNEP : en partant de la gauche.

IANTO : ah je l’ai !

ZEYNED : vous devriez voir une lumière rouge et un graphique. Un peu comme dans… euh, vous avez vu Star Wars ?

IANTO : Évidemment !

ZEYNEP : une aile en forme de X ; quand la lumière devient verte ce sera le moment de déplier les ailes. Elles vous ralentiront.  Ensuite le volant déverrouillera un nouveau mode « anti-planeur ». Vous voyez les pois en dessous ?

IANTO : les pois ?

ZEYNEP : les points. D’accord ! Des points. Des points rouges et des points verts.

IANTO : oui, oui !

ZEYNEP : lorsque vous… Oh, un moment, M. Jones.

IANTO : quoi ? Allo ? Là les… les boutons rouges s’éteignent ; qu’est-ce que ça veut dire ? J’ai 7 points verts allumés, non, 6, 5…

ZEYNEP : désolée pour l’attente,  M. Jones. J’avais oublié la feuille dans l’imprimante.

IANTO : vous avez imprimé un manuel de vol spatial ?

ZEYNEP : avez-vous 2 lumières vertes ?

IANTO : 3.

ZEYNEP : bien. Lorsque vous n’en aurez plus que 2, embrayez les ailes.

IANTO : maintenant ?

ZEYNEP : maintenant !

(Ianto s’exécute, les alarmes se mettent en route)

IANTO : non, ça n’a pas marché !!!

ZEYNEP : quoi ? Essayez encore !

IANTO : vous êtes sûre ?

ZEYNEP : euh, désolée, accordez-moi une seconde, je vous prie.

IANTO (bruit de crash) : Whouah !!

ZEYNEP : bien, vous pouvez essayer à nouveau.

IANTO : bien sûr.

ZEYNEP : alors ?

IANTO : rien !

ZEYNEP : vous vous y prenez mal, probablement.

IANTO : je m’y prends parfaitement !

ZEYNEP:  appuyez sur le bouton anti bascule !

IANTO : yep !

ZEYNEP : y’a-t-il un bouton où il est inscrit « diagnostic » ? En fait, il y est mais est-ce que vous le voyez ?

IANTO : oui, et oui !

ZEYNEP : poussez-le !

Ianto le pousse  et le calme revient.

ZEYNEP : M. Jones, puis-je vous aider à quoi que ce soit d’autre ? M. Jones ? Vous savez qu’au-delà de 10 secondes de silence je dois mettre un terme à la communication, vous le savez, M. Jones ?

IANTO : tout le panneau d’affichage s’est éteint !

ZEYNEP (calmement) : Oh !

IANTO : merci, merci pour ça !

(un son bizarre, comme un bip)

IANTO : ah non ! Ça dit qu’il ne reste plus assez de pression dans le système pour déployer les ailes.

ZEYNEP : ce qui veut dire ?

IANTO : c’est fichu ! Autant piloter une brique ! Merci pour votre aide. Vous pouvez raccrocher maintenant. À moins que vous désiriez entendre une symphonie de hurlements…

ZEYNEP : je suis navrée, M. Jones…

IANTO : c’est bon. Je vais raccrocher moi-même. Simplement lorsqu’un beau mec viendra vous voir à votre bureau, car il le fera…

ZEYNEP (le coupant) : attendez !

IANTO : dites à Jack que je suis désol… quoi ?

ZEYNEP : vous avez dit qu’il ne restait plus assez de pression dans le système. J’ai eu l’impression que vous parliez des freins de ma voiture.

IANTO : oh sans doute, je ne suis pas un expert. Un genre de système hydraulique ? Vous me suggérez d’arracher le revêtement de sol et d’arracher les câbles ?

ZEYNEP : vous sauriez faire ça ?

IANTO : oui, ce n’est pas un 747 non plus ! (Ianto allie le geste à la parole) : ça y est ! Tous sont étiquetés mais à quoi bon ? C’est pas si simple hein ? (Délirant) Y’a même un bidule pour quand on sonde un pneu de vélo.

ZEYNEP : une valve ?

IANTO : ouais c’est ça, je pourrais pomper !

ZEYNEP : pas la peine ! Y-a-t-il un extincteur à bord ?

IANTO : Vous plaisantez ? Non ?

ZEYNEP : j’y pense, si la pression  dans le système n’est pas assez forte…

(ça tangue à bord de l’engin puis des bruits de pompe à air)

IANTO : l’embout n’est pas très compatible mais ça devra le faire.

(un bip répond en guise de confirmation)

IANTO : j’y crois pas ! Comment le saviez-vous ?

ZEYNEP : une voiture familiale peu fiable. De plus je suis agent d’évacuation.

IANTO : oh c’est épatant ! Je suis de retour dans le cockpit et le panneau d’affichage  clignote comme un sapin de Noël ! Oh je vous embrasserais !

ZEYNEP : il nous est interdit de flirter, M. Jones.

IANTO : c’est aussi surveillé ?

ZEYNEP : oui, ainsi que les respirations haletantes, alors si vous pouviez faire attention.

IANTO : je vais essayer de rendre ma panique moins sexpecty (sexy + suspect, ndr)

ZEYNEP : oui, je vous prie.

(Ianto pianote quelque chose, les ailes se déploient)

ORDINATEUR DE BORD : ailes déployées. Phase en mode planeur.

IANTO : whouhou ! On a vraiment réussi !

ZEYNEP : J’en suis ravie. Dois-je chercher comment vous apprendre à piloter l’avion ?

IANTO : eh bien le machin sous le volant est débloqué.

ZEYNEP : la colonne de direction ?

IANTO : le volant. Maintenant si vous pouviez sauter quelques pages du manuel et nous trouver la section « atterrissage » ?

ZEYNEP : bien sûr (elle feuillette le manuel). Pourquoi faites-vous cela ?

IANTO : d’essayer de ne pas mourir ?

ZEYNEP : essayer de sauver des personnes que vous ne connaissez même pas ?

IANTO : comme je vous ai dit, le sens du devoir.

ZEYNEP (pas convaincue): d’accord.

IANTO : Écoutez dans mon travail c’est le genre de décisions que l’on se doit de prendre.

ZEYNEP : vraiment ?

IANTO : faire de mon mieux.

(encore un bip)

IANTO : eh merde !

ZEYNEP : quoi encore ?

IANTO : mon téléphone n’est plus qu’10% de batterie.

ZEYNEP : oh allah allah !

IANTO : c’est grotesque non ? Oh c’est pas vrai !

ZEYNEP : vous n’avez pas de chargeur avec vous ?

IANTO : dieu vous bénisse.

ZEYNEP : je m’en doutais.

IANTO : il peut tenir, il peut durer.

ZEYNEP : quand une batterie de téléphone fait ça…

IANTO : vous avez raison. Il y a un port USB sur le bord de commandes  mais pas de cordon adaptateur.

ZEYNEP : j’ai quelque chose à vous proposer.

IANTO : ok.

ZEYNEP : vous n’allez pas aimer.

IANTO : d’accord !

ZEYNEP : fouillez les passagers à bord.

IANTO : eugh, ok, bon. Ok. (il se lève et se munit de clés)

ORDINATEUR DE BORD : pilotage automatique enclenché.

IANTO : ok, je suis sur le pont. Argh, c’est tellement bizarre. Pas mal de riches célébrités. Est-ce que je fouille le gars du boys band ?

ZEYNEP : lequel ?

IANTO : Star Steven ?

ZEYNEP : ma fille les adore. Est-ce que vous pouvez prendre une photo ?

IANTO : d’un chanteur de boy band mort ?

ZEYNEP : vous avez raison. Juste une ?

IANTO : non ! Ephraim Salt. Je plonge les mains dans les poches d’un philanthrope milliardaire ! C’est obligé qu’il ait un chargeur de téléphone. Oh… oh !

ZEYNEP : quoi ?

IANTO : il n’est pas mort.

ZEYNEP : M. Jones ?

IANTO : Son pouls est juste super lent. J’ai simplement cru que j’étais le seul. Si je peux le ramener ? M. Salt ? Ephraim ? Rien. Ses yeux ne réagissent pas non plus. Je ne comprends pas.

ZEYNEP : vous ne m’avez pas dit ce qui leur était arrivé.

IANTO : ils discutaient tous. Quelque chose est arrivé à l’avion, ils se sont mis à crier, quelque chose m’a lacéré la jambe et puis c’était assez flou. J’ai cru que j’avais… J’ai vérifié leurs pouls. Je l’ai fait !

Salt se réveille subitement et se met à hurler des choses incohérentes.

IANTO : oh mon dieu ! Reculez !

ZEYNEP : quoi ? Que se passe-t-il ? M. Jones ?

IANTO : reculez ! Reculez ! Ne vous approchez pas ! (Ianto s’en va, Salt crie et tambourine à la porte)

IANTO : je suis dans la soute. C’est pas très grand mais y’a pas de zombie !

ZEYNEP : un  zombie ? Vraiment ?

IANTO : Ephraim Salt ! Un gars complètement fou qui hurle. Bien ! J’ai son chargeur !

ZEYNEP : c’est une bonne chose mais quoi  ?

IANTO : aucune idée. Je n’y comprends rien. Il était là à frapper violemment contre la porte et à crier et c’était horrible ! (soupire) Je dois y retourner, le dépasser et atteindre le cockpit et  charger mon téléphone.

(ZEYNEP se met à rigoler)

IANTO : oh, pardon ! C’est si drôle que ça ?

ZEYNEP : je ne pourrai jamais être un espion,  M. Jones.

IANTO : vraiment ? Eh bien… des zombies dans un avion. C’est rien. J’étais sorti un samedi soir à Swansea, vous savez. Cabine minuscule, juste assez de place pour les bagages d’Ephraim Salt. Qu’est-ce que vous emmenez  pour un voyage dans les étoiles ? Peu importe. En revanche ce qui compte c’est que son attaché case est très très cher. Black Box, la mallette la plus robuste au monde. Un Dan Brown, paire de chaussettes, pastilles à la menthe,  et hey, j’ai 2 chargeurs, la belle affaire ! Bien, alors, pour que vous sachiez, je viens d’attacher la mallette sur moi avec des bouts d’élastiques juste en guise de protection. J’aurais aimé vous envoyer une photo mais cela sonnerait le glas de ma batterie. Cela dit croyez-moi, j’ai l’air sexy !

ZEYNEP : mon chevalier en armure.

IANTO : c’est ça. Bon retournons au front.

ZEYNEP : plutôt vous que moi.

IANTO : toujours. (il ouvre la porte te fait face à un Salt enragé). Monsieur Salt, écoutez-moi ! Je vous en prie ! Je ne vous veux aucun mal ! Ow !

ZEYNEP : allez, M. Jones ! Vous pouvez y arriver !

(l’ordinateur de bord dit quelque chose d’inaudible)

IANTO : non, le pilotage automatique est désactivé !

ZEYNEP : remettez-le !

IANTO : je dois d’abord passer devant M. Salt et, argh ! C’est vraiment une très mauvaise journée ! M. Salt ? M. Salt ? Je vous en prie, écoutez-moi ! Calmez-vous !!! Je sais que vous ne voulez pas m’attaquer. S’il vous plait !

ZEYNEP : que lui est-il arrivé ?

IANTO : Non. Non ! M. Salt, non ! Agh !

(un bruit sourd et le silence revient)

IANTO : oh, Seigneur !

ZEYNEP : qu’avez-vous fait ?

IANTO : euh, je l’ai assommé avec une mallette en acier.

ZEYNEP : c’est bien, non ?

IANTO : ouais, mais je l’ai juste assommé.

ZEYNEP : oh !

IANTO : ouais, je, je sais qu’on a d’autres priorités mais je vais, juste, je vais voir comment il va.

ZEYNEP : et l’avion ?

IANTO : j’ai peut-être tué quelqu’un,  ça m’arrive pas tous les jours alors s’il vous plait. Laissez-moi faire… Je sens son pouls.

ZEYNEP : pensez-vous que les autres sont aussi en vie ?

IANTO : j’espère juste qu’ils ne vont pas se réveiller ? Pas très envie de me faire écarteler par un boys band.

ZEYNEP : ma fille…

IANTO : oh ne commencez pas !

Salt se réveille en rugissant

IANTO : ah ! Ah !

EPHRAIM (respirant difficilement) : Ils ont essayé de me tuer !… Vous avez essayé de me tuer !

IANTO (indigné) : Non, ce n’est pas moi, M. Salt !

EPHRAIM : le feu, la rage…Que m’est-il arrivé ? Je n’arrive pas à réfléchir ! Je le veux ! Je ne dois pas me cacher ! Lâchez-moi ! Je ne peux pas ! Nooon !

IANTO (hurle douleur) : il m’a mordu ! À la jambe !!!

ZEYNEP : allez-vous-en !

IANTO (retourne dans la cabine, tandis que Salt tambourine de nouveau à la porte) : Je suis dedans ! Dieu merci, je suis dedans !

ZEYNEP : mais comment allez-vous faire pour le laisser dehors ?

IANTO : La porte du cockpit… c’est pas vraiment une porte de sécurité, pas du tout même, ça me rappelle des vacances en caravane sur l’île de Barry. Ce que je veux dire, c’est qu’elle ne tiendra pas longtemps, voilà… j’y suis. Vous êtes toujours là?

ZEYNEP : toujours.

IANTO : alors. (on entend 2 bips) le téléphone est sur chargeur. Ensuite (il bidouille des boutons)

ORDINATEUR DE BORD : impossible de réactiver le mode planeur.

IANTO : le pilotage automatique est HS. Bien je suis donc dans un vaisseau spatial, avec un homme enragé, on est en train de se crasher et je dois maintenant apprendre à piloter.

ZEYNEP : dure journée.

IANTO : vous regrettez de m’avoir vendu des assurances ?

ZEYNEP : nous avons un centre d’assistance pour les cas inhabituels, ils vont vous adorer !

IANTO : eh bien ne me transférez pas si vite hein ? Je commence à peine à apprécier notre conversation.

ZEYNEP : moi aussi.

IANTO : Notre priorité est d’apprendre à pilote ce machin ok ? (souffle coupé) D’abord je vais m’asseoir un peu. Je me sens pas très opérationnel.

ZEYNEP : M. Jones, en quoi puis-je vous aider ?

IANTO (essoufflé) : désolé, ma respiration est un peu forte. Ma jambe. Il m’a mordu sur la blessure. Ça saigne de nouveau. Bref, c’est bon. Je pense… (rire faible) en fait je me sens pas bien du tout. Je me demande si je suis pas en train de subir ce que les passagers ont subi aussi. Je suis éreinté.

ZEYNEP: Mr. Jones.

IANTO : fatigué.

ZEYNEP: Mr. Jones !

IANTO : dormir. Juste un instant.

ZEYNEP: Mr. Jones !

(bruits suspects de mécanique défaillante)

ORDINATEUR DE BORD : échec planeur. Vitesse élevée.

ZEYNEP: Mr. Jones !

IANTO : whou !

Ianto est visiblement en train de s’évanouir, tandis que la voix de Zeynep résonne de part et d’autre

ZEYNEP : M. Jones ? Réveillez-vous ! M. Jones !

IANTO : je suis mort. M. Jones est mort.

ZEYNEP : allez, M. Jones ! Allez, vous pouvez le faire !

AINTO : vous parlez à un homme mort. Laissez tomber !

ZEYNEP : M. Jones ! Ianto !

IANTO : (d’une  voix forte et contrariée, de retour à la réalité) : oui ! C’est peut-être une toxine volatile. Un genre de virus.

ZEYNEP : oh peut-être, simplement, vous avez perdu beaucoup de sang. Mon ainée est tombée de vélo et me l’a caché, parce qu’elle tenait à finir ses devoirs de maths. J’ai découvert du sang partout sur sa feuille d’algèbre. Les gosses. Bref, j’aimerais que vous jetiez un œil à votre jambe.

IANTO : ma quoi ?

ZEYNEP : le garrot de votre jambe.

IANTO : mh.

ZEYNEP : allons, ça saigne, n’est-ce pas ?

IANTO : ouais.

ZEYNEP : c’est une bonne chose que vous soyez dans les vapes, car ça risque de faire mal.

IANTO : quoi donc,

ZEYNEP : vous avez toujours les élastiques, de la mallette de Salt ?

Ianto commence à comprendre

ZEYNEP : prenez-en un et entourez-le sur votre jambe.

IANTO (faiblement) : ok. Oh, doucement.

ZEYNEP : à présent, faites encore un tour puis un autre. Allez ! Joli et bien serré. Puis nouez-le avec un truc en soie.

IANTO : yep.

ZEYNEP : et lâchez tout !

Ianto lâche l’élastique d’un coup sec et pousse un cri perçant.

ZEYNEP : la pression exercée sur la blessure arrêtera l’hémorragie. La douleur vous réveillera. Maintenant avez-vous une trousse de premiers soins ?

IANTO (épuisé) : Who… ouh…oui dans le pont des passagers.

ZEYNEP : alors on oublie les antalgiques.

IANTO : oui faisons ça.

ZEYNEP : ok. M. Salt ? Ou la chute de l’appareil ?

IANTO : on ne s’est pas encore écrasé. Il a l’air toujours dingue.

ZEYNEP : ok. Essayez de maintenir le contrôle de l’appareil pendant je cherche comment faire ?

IANTO : je nous remonte. Whoo c’est un peu branlant. Mais c’est bon, les ailes tiennent le coup. C’est un peu un genre d eplaneur très grand et très grand. (rire bête) Je pilote un vaisseau spatial !

ZEYNEP : absolument. Vous gagnez des points. Et encore davantage quand vous aurez atterri.

IANTO : si seulement ! (Salt cogne contre la porte en hurlant). Cette porte ne va pas tenir. Il est drôlement costaud.

ZEYNEP : j’ai une suggestion.

IANTO : yep.

ZEYNEP : sur le tableau, s’il y a un bouton pour le contrôle environnemental il devrait se trouver sur la gauche.

IANTO : euh, yep.

ZEYNEP : est-il allumé ?

IANTO  yep.

ZEYNEP : vous voyez les paramètres pour la cabine des passagers. Augmentez la température au maximum, et si c’est possible, baissez la pressurisation de la cabine et coupez l’arrivée d’air.

IANTO : quoi ?

ZEYNEP : vous l’avez trouvé ?

IANTO (tapotant) : ouais.

ZEYNEP : cela va le rendre ensuqué, comme s’il était en haut d’une montagne, enveloppé dans une couverture.

IANTO : bizarre façon de parler suffocation.

ZEYNEP : c’est lui ou vous. Il faut que vous soyez libre et que lui soit dans les vapes, non ?

IANTO : ouais.

ZEYNEP : allez, ils augmentent toujours la température après le décollage ; C’est comme ça qu’on garde le bétail.

IANTO confus, répète le dernier mot : bétail..

ZEYNEP : j’ai grandi dans un charmant petit village de pêcheurs. Je ne peux plus bouger maintenant à cause des gratte-ciel et des touristes qui se croient en Espagne. L’Espagne la vraie. Ils chantent « Una Paloma Blanca » le soir au bord de la piscine.

IANTO : je suis désolé.

ZEYNEP : je suis juste amère. Et mon frère ? Il me dit qu’il se fait un max de pognon et des tas de filles pulpeuses. Mon frère est un idiot.

Les coups sur la porte et les râles cessent.

IANTO : oh il s’est arrêté.

ZEYNEP : parfait. On peut désormais considérer que M. Salt a cessé d’être un…

IANTO : zombie.

ZEYNEP : merci, je n’aurai pas pu dire le mot. Je ne suis pas une experte mais ils (les zombies) ne dorment pas, non ? Alors qu’est-il arrivé aux passagers ?

IANTO : aucune idée. Comme j’ai dit, ils discutaient tous et soudain quelque chose s’est passé, j’ai entendu des cris. Et ma jambe qui me faisait mal.

ZEYNEP : êtes-vous sûr que tout s’est passé dans cet ordre-là ?

IANTO : oui, enfin, je veux dire… Quel autre ordre ç’aurait pu être ? Avons-nous été attaqués par une force venant de l’extérieur ? Si c’est un genre de virus, je fais le mauvais choix. Je ne peux pas faire atterrir le vaisseau si quelque chose de bactérien se balade à bord. J’ai besoin de…

ZEYNEP (le coupant) : Ok, que faisiez-vous avant la chute ?

IANTO : je servais les boissons.

ZEYNEP : ah, majordome de l’air.

IANTO : mh. Du champagne. Grotesque de servir ça ici. L’altitude lui fait perdre sa saveur. Pour commencer. Mais les gens riches aiment avoir du champagne en altitude. Qui coule à flots. Et puis du café.

ZEYNEP : et vous servez les boissons ?

IANTO (passionné) : oui tout le monde a eu du café.  Même les pilotes… Et c’est tant mieux car je m’échine à ce qu’il soit bon. Pour le champagne y’a rien à faire mais pour la café, le secret est dans…

ZEYNEP : en avez-vous bu ?

IANTO : non j’étais trop occupé à le servir justement.

ZEYNEP : et ensuite ?

IANTO : quelque chose s’est passé. Les gens se sont mis à crier. Non, les gens ont crié, ensuite… il s’est passé quelque chose.

ZEYNEP : je ne pense pas que ce soit un virus. Je pense qu’il y avait de la drogue dans le café.

IANTO : oh.

ZEYNEP : vous êtes monté à bord pour éviter une catastrophe, non ? Vous avez empoisonné tout le monde, on dirait.

IANTO (énervé): une minute !

ZEYNEP : je ne vous jette pas la pierre. Je vous fais simplement remarquer que c’est pas votre jour de chance.

IANTO : mais M. Salt ? Est-ce qu’un poison aurait pu le rendre aussi fou et enragé ?

ZEYNEP : n’avez-vous jamais lu les effets secondaires de somnifères ?

Ianto souffle

ZEYNEP : je dis juste que vous avez versé les boissons. C’est un coup monté.

IANTO : ce que je vais vous dire va vous paraître tordu.

ZEYNEP : dit l’empoisonneur du vaisseau spatial.

IANTO : c’est ça... l’organisation pour laquelle je travaille. Nous enquêtons sur une conspiration. Gigantesque. Ça peut sembler bizarre.

ZEYNEP : oh non, on connait ça aussi tout le temps. La nièce du Ministre veut une maison construite sur un jardin public. Elle obtient sa maison. Les déchets chimiques tuent tous les poissons de la rivière. La police est infoutue de faire le lien avec l’usine avoisinante. C’est la volonté d’Allah. En gros nous avons des conspirations depuis les Sultans.

IANTO : oh, super. Vous êtes la première personne qui ne fronce pas les sourcils quand je leur parle de ça.

ZEYNEP : vous ne me voyez pas. Je suis peut-être en train de plisser les yeux.

IANTO : Ephraim Salt. J’ai découvert qu’il savait quelque chose à propos du Comité (lire l’audio The Conspiracy, ndr). C’est pour cette raison que je suis monté à bord, pour découvrir ce qu’il savait.

ZEYNEP : et savaient-ils que vous saviez qu’il savait ? Savait-il que vous saviez ? Savait-il qu’ils savaient que vous saviez qu’il savait que vous saviez ?

IANTO : et voilà les moqueries. Écoutez, je voulais me rapprocher de Salt pour découvrir ce qu’il savait. Et zut, vous avez tout gâché !

ZEYNEP : j’ai compris, M. Jones.

IANTO : j’ai entendu dire qu’il était menacé. Je devais le protéger.

ZEYNEP : il vous donné quelque chose n’est-ce pas ?

IANTO : oui. Une carte stick de données. Je ne peux pas la relire ici. Faut trouver un moyen de sortir indemne du vaisseau.

ZEYNEP : pas simple.

IANTO : ouais, ouais.

ZEYNEP : À mon avis vous avez plongé dans un énorme piège volant. Si l etout premier vol spatial de Ephraim Salt se crash en tuant tout le monde à bord, personne ne saura jamais ce qu’il avait découvert.

IANTO : mais…

ZEYNEP (le coupant) : et si le vaisseau atterrit sans dégâts, vous serez arrêté sur le champ.

IANTO : oh.

ZEYNEP : mon dieu, être un espion n’est pas une sinécure.

 IANTO : cela vous amuse, non ?

ZEYNEP (taquine): qu’est-ce qui vous fait penser ça ?

IANTO : Écoutez, il y a quelque chose que je devrais…

(bruits bizarres d’ordinateur)

ORDINATEUR DE BORD : Commande de vol activée.

IANTO : oh.

ZEYNEP : c’est le pilotage automatique qui se remet en route ?

IANTO (hésitant): oui mais je n’ai touché à rien. (bidouille) et je n’arrive pas à le désactiver.

ORDINATEUR DE BORD : surcharge alimentation ! Surcharge alimentation !

Bruits forts de fusées

IANTO : on dérive. Que se passe-t-il ?

ZEYNEP : quoi ? Oh, M. Jones, j’ignore comment vous aider…

IANTO : je dois absolument garder le contrôle intégral. Vous m’entendez ? J’ai besoin de vous, maintenant !

Un message automatique du centre d’appel, à nouveau, disant « veuillez ne pas raccrocher. Votre appel est important pour nous. L’un de nos conseillers prendra bientôt contact avec vous pour vous proposer une large gamme d’assurances qui vous couvriront, quelle que soit votre situation. Merci de patienter ».

IANTO (pendant le message) : Allo ? Allo ? Hey ? Allo ? C’est ridicule !

ZEYNEP : désolée pour le désagrément. Êtes-vous toujours en ligne ?

IANTO : je vais nulle part. Aidez-moi à maintenir ce truc en l’air.

ZEYNEP : euh…

IANTO : euh ?

ZEYNEP : mon boss est passé me voir pour parler un peu.

IANTO (ironique) : ah ça c’est toujours bon signe !

ZEYNEP : haha. Cet appel a beaucoup trop duré, d’autant que ma dernière vente remonte à loin.

IANTO : et il vous est impossible de lui dire la vérité.

ZEYNEP : M. Jones, en quoi puis-vous aider ?

IANTO (emphatique) : en tout ! Vendez-moi tout ! Ma carte de crédit est blindée.

ZEYNEP : mais…

IANTO (la coupant) : ouvrez votre écran, cochez toutes les options d’assurances et facturez-les moi, deux fois ! Vous allez avoir une prime.

ZEYNEP : excellent choix, M. Jones.

IANTO : tu m’étonnes.

ZEYNEP : donc je résume : nous avons l’assurance habitation, l’assurance vol, assurance voiture, assurance médicale, assurance conservatoire…

IANTO : on n’a pas de… oh ça fait rien. Oui, oui, tout ça !

ZEYNEP : et puis-je utiliser les données de votre carte déjà enregistrée ?

IANTO (hurlant) : oui ! Oui !

ZEYNEP : tout est validé. Toutes nos félicitations, M. Jones. Veuillez vérifier vos contrats dès réception sur votre boite mail. Puis-je vous aider en quoi que ce soit d’autre pour aujourd’hui ?

IANTO : le vaisseau chute le bec en avant.

ZEYNEP : je croyais qu’il était en mode planeur.

IANTO : moi aussi !

ZEYNEP : j’ai les dossiers sous les yeux. Il doit y avoir une série de manettes sous la commande planeur.

IANTO (bidouillant violemment) Ils… ça (baragouine) fait rien du tout!

ZEYNEP : vous ne devriez pas taper sur ces commandes de cette façon. Je dis ça comme ça. Vous pourriez vous retrouver sur Mars.

IANTO : Ça serait bien une amélioration (tout redevient calme). Oh.

ZEYNEP  quoi ?

IANTO : euh, 2 choses : on dirait qu’on a retrouvé l’équilibre, et j’ai réussi à faire apparaître sur le moniteur les données de notre trajectoire.

ZEYNEP : Trajectoire ? Vraiment,

IANTO : ouais, euh, j’y suis pour rien. Carte mondiale. Ligne rouge, moi d’un côté et de l’autre, je zoome, oh, Ouest de la Turquie.

ZEYNEP : je suis dans l’Ouest de la Turquie.

IANTO : le monde est petit.

ZEYNEP : dois-je m’inquiéter ?

IANTO : c’est qu’une coïncidence. Vous avez acheté des tickets de loterie cette semaine ?

ZEYNEP : non.

IANTO : vous auriez peut-être dû.

ZEYNEP : pensez-vous qu’il puisse y avoir un lien ?

IANTO : non, non, non.

ZEYNEP : le super-Google que vous avez installé sur mon ordinateur, ça pourrait être ça ?

IANTO : peut-être que oui vous devriez le désinstaller maintenant.

ZEYNEP : et comment je fais ça ?

IANTO : vous avez une hache ?

ZEYNEP : on n’équipe pas les agents d’évacuation avec ce genre de chose. (elle pianote) je cherche s’il existe un rapport entre la cité d’Izmir et votre conspiration. Elle a un nom ?

IANTO : Erebus.

ZEYNEP : E comme echo, R comme Romeo, E comme echo, B comme Betty, U comme umbrella, S comme sucre.

(un bip de non validation)

ZEYNEP : non, rien ! Je dirais qu’une chose sur votre logiciel.  Il se fâche quand il ne trouve rien.

IANTO : oui, susceptible !

ZEYNEP : c’est drôle ! Je pense à un truc bizarre. La société de recherches qui loue l’étage du haut est absente depuis des jours. C’est comme s’ils avaient appris quelque chose.

IANTO : d’accord.

ZEYNEP: attendez ! je délire autant que vous. Non pas que vous déliriez mais…

IANTO (la coupant) : merci, merci.

ZEYNEP : vous êtes fou. Désolée.

IANTO : voyez-vous une autre raison pour laquelle nous sommes en train de foncer droit à l’orée de votre forêt ?

ZEYNEP : eh bien, nous avons quelques jolies plages et des vestiges intéressants en aval de la côte et, oh oui, on a une charmante boutique sur la route qui vend des baklawas divins.

IANTO (exaspéré) : des raisons sérieuses ! Aménagements militaires, usines d’engénierie aérospatiale, euh…

ZEYNEP : ce n’est pas juste. Nous possédons des tas d’installations militaires partout. Toutes les lister prendra du temps.

IANTO : et Istanbul ? C’est juste au-dessus de vous, non ?

ZEYNEP : pile poil. Bonne chance quand vous y seriez. La circulation est très mauvaise. Il doit déjà y avoir un tas de vaisseaux spatiaux en colère en embouteillage. Mais je ne vois vraiment pas pourquoi vous viendriez ici. Izmir la vieille qui sent la pollution des usines, les carrières de sable, le smog et oh…

IANTO : quoi ?

ZEYNEP : non, c’est juste que je me rends compte de tout cela en le disant. On a un joli théâtre de style Roman. C’est peut-être votre destination.

IANTO : c’est quoi que vous me cachez ?

ZEYNEP : franchement ? Rien.

IANTO (ferme): quoi ?

ZEYNEP : ce centre d’appels, il se trouve qu’il appartient à Ephraim Salt. (elle souffle doucement) Je l’ai dit à haute voix ? C’est une petite… coïncidence.

IANTO : sérieux, non ? Il possède des tas de trucs.

ZEYNEP : allons, M. Jones, c’est forcément tout relié. C’est les bases de l’espionnage ! Salt possède le SkyPuncher, le satellite que vous avez détruit, et un immeuble dans la ville sur laquelle vous vous dirigez. C’est plus qu’évident !

IANTO : plus une autre coïncidence : vous m’avez contacté.

ZEYNEP : la faute à l’ordinateur, je le blâme toujours. Ce machin est d’un ennui. C’est bizarre quand même. Je comprends pourquoi on a voulu tuer Salt. Je comprends même pourquoi ils ont détruit son satellite. Ce que je ne comprends c’est pourquoi votre vaisseau doit revenir ici.

IANTO : ah bon ?

ZEYNEP : ma belle-mère me tuerait si elle m’entendait dire ceci mais il n’y a vraiment pas grand-chose à voir à Izmir.

IANTO : vraiment ?

ZEYNEP : oh…

IANTO : du calme !

ZEYNEP : Allah Allah, l’immeuble ! Vous foncez sur cet immeuble ! Vous allez faire exploser l’immeuble !!

IANTO (volontairement sensé) : doucement !

ZEYNEP (indignée) : quoi ?

IANTO : si vous pouviez paniquer mais pas trop fort. Je ne veux pas que vous fassiez peur à vos collègues. S’il vous plait.

ZEYNEP : c’est une blague ?

IANTO : non.

ZEYNEP parle en turc.

IANTO : écoutez-moi ! Vous avez des enfants ?

IANTO : imaginez, vous vous promenez avec eux, il y a un accident de voitures. Que faites-vous ?

ZEYNEP : je leur fais faire demi-tour et on s’éloigne. Et je change calmement de sujet de conversation.

IANTO : faites-le maintenant !

ZEYNEP : ne me dites pas ce que je dois faire ! Et surtout pas sur ce ton ! Vous foncez sur moi à bord d’une bombe !

IANTO (plus fort) : faites-moi confiance ! J’ai déjà géré ce genre de situations. Je l’ai moi-même vécue. Écoutez, je dois m’occuper de 2,3 détails et ensuite j’ai vraiment besoin de votre aide. Vous êtes d’accord ?

ZEYNEP : d’accord ?

IANTO : vous êtes sûre ?

ZEYNEP : absolument. Un instant je vous prie.

(la liaison se brouille puis une alarme incendie retentit)

ZEYNEP (au loin) : Au feu ! Tout le monde ! Au feu !  C’est bien, vers la sortie ! Que tout le monde sorte, écoutez l’agent d’évacuation ! Non, sortez immédiatement ! (parle en turc). Au feu ! Au feu !...Voilà.

IANTO : vous venez de faire quoi ?

ZEYNEP : j’ai mis à l’abri beaucoup de personnes.

IANTO : mais certains d’entre elles peuvent être…

ZEYNEP : des complices ? Vraiment ?

IANTO : mh, oubliez ! C’était juste une théorie…

ZEYNEP : comment est ma voix ? Est-ce que j’ai l’air calme ?

IANTO : en fait, oui.

ZEYNEP : alors écoutez-moi, M. Jones. Je veux que vous preniez contact avec vos patrons. MI5, la Cia, peu importe. C’est très sérieux je veux tout le monde sur le coup, ok ?

IANTO : mm…

ZEYNEP : urgence maximale espionnage ! Libérez tout le monde ! Si je ne vois pas un hélicoptère noir au-dessus de nos têtes dans une minute, je vais être extrêmement déçue.

IANTO : ah !

ZEYNEP : y-a-t-il quelqu’un d’autre que je peux contacter pour vous, M. Jones ? Le Pentagone ?

IANTO : écoutez, quand je vous ai dit que j’étais un espion, en fait, je ne suis vraiment qu’un simple majordome.

ZEYNEP : quoi ?

IANTO : je ne suis pas un espion, pas tout à fait. Je travaille pour une organisation secrète.

ZEYNEP : hein ?

IANTO : je fais le café. Et je m’occupe de la paperasse. Proprement.

ZEYNEP : quoi ?

IANTO : c’est la vérité !

ZEYNEP (désactive l’alarme incendie) : ça suffit ce vacarme. L’immeuble est vide. (soupire)

IANTO (soupire aussi) : écoutez, vous m’avez demandé si vous deviez appeler, et vous pouvez. Contactez votre gouvernement. Si on se dirige sur votre ville alors il faut absolument désintégrer le vaisseau avant qu’il ne soit trop tard, ok ?

ZEYNEP : oui mais…

IANTO (la coupant) : Je m’en fiche réellement. Le vaisseau doit être détruit.

ZEYNEP : et y’a-t-il un mot de passe que je dois leur communiquer ?

IANTO : Aucune idée. Ce genre de choses ne me concerne pas.

ZEYNEP : si vous n’êtes pas un espion, que faites-vous donc sur cet engin ? Pourquoi vous ont-ils envoyé à bord ?

IANTO : ce n’est pas eux. C’est… je ne suis qu’un petit pion. Mon boss a disparu, il enquête sur la Conspiration. Quant aux autres, eh bien, ils étaient occupés.

ZEYNEP : à jouer les véritables espions ?

IANTO : c’est ça. Et c’est pour cela que j’ai pensé que c’était mon devoir, vous voyez.

ZEYNEP : vous vouliez frimer.

IANTO (excédé) : non ! Oui ! Je suppose. C’était la meilleure chose à faire. C’était ma propre décision. Et je voulais qu’ils… qu’ils m’aiment bien.

ZEYNEP : vous vouliez les impressionner en vous faisant presque tuer ? Wow, ils doivent vraiment très charmants.

IANTO : c’est le cas. Oui c’est le cas. En fait, ce que je veux dire, c’est que, le problème c’est que euh… j’ai eu une période assez difficile durant laquelle j’ai dû regagner leur confiance. Après ce qui était arrivé à Lisa.

ZEYNEP (le coupant) : Lisa ?

IANTO : ma petite amie. Elle travaillait pour la même société. Elle a été horriblement blessée dans l’exercice de ses fonctions.

ZEYNEP : je suis navrée.

IANTO : j’ai essayé de l’aider. Mais ils l’ont tuée.

ZEYNEP : vos amis l’ont tuée ?

IANTO : dis comme ça, ça sonne… bref, ils ont fait, ils ont fait ce qu’ils ont pu.

ZEYNEP : ils ont assassiné votre petite amie !

IANTO (indécis): pas… assassiné, en fait, pas tout à fait…

ZEYNEP : M. Jones, vous êtes un idiot !

IANTO : mais ils ont…

ZEYNEP : écoutez-moi ! La famille, les amis, sont toujours le plus important mais aucune personne ne mérite qu’on meure pour elle.

IANTO : vous ne comprenez pas…

ZEYNEP (le coupant) : je vous faisais confiance. Vraiment. Votre voix est agréable, je crois réellement que vous êtes à bord d’un vaisseau qui fonce droit sur moi, mais je ne pense pas devoir recevoir quelque conseil que ce soit venant de vous. Plus maintenant !

IANTO : pitié !

ZEYNEP : je monte à l’étage du dessus.

IANTO : ne me mettez pas en attente !

ZEYNEP (ouvre une porte et monte des escaliers) : pas de panique. Casque bluetooth. Haute portée. On peut filer faire les magasins. Ce que nous ne faisons pas. Du moins pas durant notre service.

IANTO : pourquoi aller à l’étage du dessus ?

ZEYNEP (soupire) : parce que vous ne m’écoutez pas. Je vous l’ai dit. Les lieux sont loués par une société de recherches, depuis 1 mois. Ils ne fréquentent personne. Ils ne connaissent pas les bons restaurants du quartier. Et comme je vous l’ai dit, l’endroit est désert depuis environ une semaine.

IANTO : oui mais peut-être qu’ils démarchent des clients ou…

ZEYNEP : eh bien je vais en avoir le cœur net. Je vous ai donné une piste que vous avez refusé de suivre. Quand un immeuble est en danger, on veut toujours chercher les personnes qui ne se sont pas présentées le jour même.

IANTO : vous parlez vraiment comme une théoricienne du complot.

ZEYNEP : que vous dites ! Bon j’y suis.

IANTO : cela ne va pas tout résoudre. Quel est le nom de cette société ?

ZEYNEP : Harkness Industries.

IANTO : je retire ce que j’ai dit. Vous devez y entrer.

ZEYNEP : ah vous voyez !

(bruits bourdonnants)

IANTO : oui, entrez-y !

ZEYNEP (elle frappe à la porte et est interrompu par le bourdonnement) : cette porte est vachement verrouillée.

IANTO : allo ? Je vous perds. La ligne est mauvaise.

ZEYNEP : je… le signal… bon. Il y a un drôle d’ordinateur à l’intérieur. Trop bizarre.

IANTO : vous pouvez vous éloigner de la porte ?

ZEYNEP : c’est quoi ?

IANTO : reculez !

ZEYNEP : d’accord, d’accord. Il y a quelque chose dans cette pièce mais je ne peux pas y entrer.

IANTO : c’est mon tour de suggérer l’usage d’un extincteur.

ZEYNEP : bonne idée ! (commence à cogner contre la porte en maugréant.) La porte ne veut pas céder. C’est rudement costaud pour une porte en verre. Je vais prendre de l’élan, depuis le couloir et foncez dessus. (elle fonce) Elle ne cède pas. Rien ! Je n'arrive à rien !

IANTO (étrangement calme) : je ne dirais pas ça. Lorsque vous avez rejoint le couloir puis foncez en sens inverse, notre trajectoire a sensiblement changé.

ZEYNEP : quoi ?

IANTO : le vaisseau ne vise pas l’immeuble. Il vous vise, vous !

ZEYNEP : quoi ? Comment pouvez-vous deviner ça ?

IANTO : on se rapproche.

ZEYNEP : mais vous n’avez aucune preuve !

IANTO : refaites le même trajet dans le couloir.

ZEYNEP : non !

IANTO mime une poule mouillée

ZEYNEP : d’accord ! (elle court) je suis au bout et maintenant ?

IANTO : vous foncez vers la porte.

ZEYNEP : c’est qu’une hypothèse. Vous ne pouvez pas en être certain.

IANTO : et je peux dire que vous courrez sur place pour essayer de me berner.

ZEYNEP : hein ?

IANTO : le nez du vaisseau frétille un peu, c’est tout. Le plan du vol se réajuste très sensiblement.

ZEYNEP : oh Allah, Allah, vous me faites marcher. Je sais que non mais je ne sais pas quoi dire.

IANTO : le SpkyPuncher se dirige sur vous à cause de votre casque et ce depuis que nous avons pénétré dans l’atmosphère.

ZEYNEP : comment ?

IANTO : vous aviez raison, c’était un piège. Rigoureusement planifié pour détruire l’Empire d’Ephraim Salt. Saboter le vaisseau, on l’aurait pris pour un fou. Exploser son satellite le plus cher, et il était ruiné. Et le vaisseau avait tenu le coup, il se serait écrasé sur un de ses immeubles. Les gens l’auraient pris pour un négrier corrompu.

ZEYNEP : mais c’est pourtant un immeuble sympa.

IANTO : mais c’est ce que les journaux auront titré.

ZEYNEP : et moi dans tout ça ?

IANTO : et vous ?

ZEYNEP : pourquoi moi ? Pourquoi vous ai-je appelé ?

IANTO : tout est pensé et planifié au Comité. Pirater le PC, le pousser à se connecter au vaisseau, trouve un signal, composé le numéro… J’ai bien peu … Qu'en me gardant en vie…

ZEYNEP : j’ai apporté cette chose ici ! Où êtes-vous ?

IANTO : pas très loin de la ville. Je comprends mieux ce que vous disiez à propos de la rivière.

ZEYNEP (désespérée) : Que dois-je faire ? Que dois-je faire ?

IANTO : eh bien…

ZEYNEP : je raccroche. Bien sûr, voilà ce que je fais !

IANTO : non ! Non !

ZEYNEP : quoi ? Vous êtes sérieux ?

IANTO : si vous mettez fin à l’appel, le vaisseau va s’écraser sur votre ville. Enlevez votre casque!

ZEYNEP : je ne peux pas !

IANTO : quoi ?

ZEYNEP : si je l’enlève il s’éteint.

IANTO : mais pourquoi ça ?

ZEYNEP : pour les pauses « toilettes »

Ianto hébété

ZEYNEP : M. Jones, que dois-je faire ? M. Jones ?

IANTO : je suis vraiment tellement désolé. Vous devez continuer à parler. Il n’y a aucune issue ni pour moi ni pour vous.

Retour de la musique d’attente

IANTO : allo ? Allo ? Non, ne faites pas ça ! Pitié !

Un message automatique du centre d’appel, à nouveau, disant « veuillez ne pas raccrocher. Votre appel est important pour nous. L’un de nos conseillers prendra bientôt contact avec vous pour vous proposer une large gamme d’assurances qui vous couvriront, quelle que soit votre situation. Merci de patienter.

IANTO : pitié ! Il ne nous reste que très peu de temps. Je vous assure ! Et… j’ai peur. J’ai pas envie de rester tout seul.

ZEYNEP : vous me demandez de mourir ?

IANTO : non ! Je suis vraiment désolé ! J’aurais préféré mourir, moi seulement. En fait, non, je veux pas.

ZEYNEP : je ne veux pas non plus mourir. Désolée de parler la bouche pleine. Finalement j’aurai pu déjeuner plus tôt, faut pas gâcher.

IANTO : allez-y !

ZEYNEP : plat épicé turc. C’est mon mari qui l’a cuisiné.

IANTO : Ça a l’air délicieux.

ZEYNEP : un peu trop épicé en fait. Vous savez comment sont les hommes !

IANTO : yep.

ZEYNEP (triste) : quelle histoire incroyable ! Vous êtes certain qu’il ne s’agit pas d’une farce ?

IANTO : j’aurais préféré.

ZEYNEP : je n’habite même pas la ville.

IANTO : désolé.

ZEYNEP : j’apprécie moyen. (renifle). Vous me demandez de faire ça pour des gens que je ne connais même pas !

IANTO : c’est pour la bonne cause.

ZEYNEP : ‘c’est mon devoir’. Voyez où il vous a mené.

IANTO : ouais.

ZEYNEP : vous êtes un idiot !

IANTO : vous radotez.

ZEYNEP : je pourrais raccrocher là, et aller à l’arrêt du bus, et vous saluer de la main pendant que vous exploser le centre-ville !

IANTO : mais vous n’allez pas le faire. Je le sais !

ZEYNEP (en colère) : vous ne savez rien sur moi ! Quel est mon nom ?

IANTO : pardon ?

ZEYNEP : quel est mon nom ?

IANTO : vous ne me l’avez pas dit.

ZEYNEP : si ! Vous me demandez de mourir et vous ne savez même comment je m’appelle !

IANTO : désolé…

ZEYNEP : Zeynep !

IANTO (penaud) : Enchanté. C’est un très joli prénom.

ZEYNEP : pas vraiment, vous dites ça par politesse (renifle). Alors vous avez quelle vue?

IANTO : à voler au-dessus de la ville. Plusieurs vues.

ZEYNEP : le maire vous saurait gré de taper dans les constructions du vieux centre. Beaucoup aimeraient qu’on y construise des bureaux à la place. Je n’aurais pas dû dire cela…je…

IANTO : non.

ZEYNEP : je ne peux même pas raccrocher pour appeler ma famille. Ma famille ! Pourquoi c’est tombé sur moi ? Pourquoi pas sur Rachelle ? Elle n’a personne et c’est une pauvre grosse vache ! Euh. Oubliez !

IANTO : Zeynep.

ZEYNEP : M. Jones ?

IANTO : je suis vraiment désolé.

ZEYNEP : cessez de vous excuser ! Je ne vais pas vous pardonner ! Ce n’est pas de votre faute.

IANTO : non, on est juste les petits pions.

ZEYNEP : oui, on ne nous demande pas de prendre quelque décision que ce soit. On nous met juste au pied du mur et on nous dit ce qu’on doit faire. Et bizarrement c’est toujours contre nos principes.

IANTO : ouais !

ZEYNEP : cela dit, je suis assise sur le siège du boss, je renverse du chili sur son bureau, et je profite de la vue. Je vois un petit point dans le ciel. Est-ce vous ?

IANTO : probablement… euh… écoutez…

ZEYNEP : Oui c’est tout ce que je peux faire. Vous et moi, à parler jusqu’à la fin. Je ne laisserai pas seul. Ce doit être une des pires situations d’être dans un avion sur le point de s’écraser (Ianto fait du bruit). Voir le sol se rapprocher, encore et encore. Et n’avoir aucune issue.

IANTO : Zeynep ?

ZEYNEP : oui ?

IANTO : je… viens de trouver un parachute… Le pilote avait un siège éjectable… Vous avez entendu ?

ZEYNEP : oui, alors c’est ainsi. Je n’ai plus faim.

IANTO : Zeynep, je suis désolé.

ZEYNEP (de plus en plus désespérée): ne le soyez pas ! Au moins l’un de nous a une chance de s’en sortir. Regardez-vous ! Vous deviez accomplir votre devoir et sortir avec la carte de données intacte, c’est si héroïque ! Vos charmants collègues vont même certainement vous offrir une bière ! Et moi ? C’est moi la seule petite gens, au fond. Pas même autorisée à dire adieu à ma famille. Disparaissez Zeynep, sacrifiez-vous, Inch’Allah ! C’est ce que l’on dit quand on traverse la rue, on ne regarde ni à gauche ni à droite, on traverse directement avec la foi et sous la volonté d’Allah.

IANTO : je ne sais pas quoi vous dire…

ZEYNEP : pas suffisant ! Pourquoi est-ce que je meurs ? Pour que des inconnus s’enrichissent davantage ?

IANTO : donnez-moi leurs noms ! Les noms de vos enfants et de votre mari. J’irai leur parler.

ZEYNEP (en colère): non ! Je refuse que vous les approchiez !

IANTO : on survole la rivière. C’est assez joli vu d’ici.

ZEYNEP : je n’irai pas plus loin si j’étais vous. Y’a rien au-delà.

IANTO : y-a-t-il une étendue d’eau plus large dans le coin ? Pour que nous puissions amerrir…

ZEYNEP (le coupant sèchement) : non. Que du béton, et des habitants. Ensuite il y a la petite moi. Je suis à la sortie de la ville. Attendez d’apercevoir un jardin broussailleux avant de vous éjecter. Sinon vous allez vous prendre un immeuble de béton. Ce serait ironique hein ?

IANTO : merci.

ZEYNEP (soupir saccadé) : je vous vois au loin dans l’horizon. Quelles énormes dents vous avez !

IANTO : c’est imminent ! Écoutez, je tenais à vous dire que…

ZEYNEP (amère) : en quoi d’autre puis-je vous aider, M. Jones ?

Ianto soupire

ZEYNEP : inch‘Allah !

La musique d’attente revient, et devient lointaine, couverte par le vacarme de la fusée

IANTO : voilà ce qu’on fait à Torchwood, hein Jack ? On anéantit chaque personne que l’on croise. Peu importe… Zeynep avait raison. On y est ! On y est ! (hurlant) Zeynep, pardon !

Il crie et s’éjecte de l’appareil

Le centre d’appel sans la musique habituelle mais une musique plus dramatique « avez-vous envisagé de souscrire une nouvelle assurance chez un professionnel. Permettez-nous de vous donner…

IANTO (criant) : non ! Non ! Non ! (le parachute se déploie)

ZEYNEP (à bout de souffle) : Merci d’avoir patienté !

IANTO : Zeynep ??

ZEYNEP : vous êtes couvert, quelle que soit votre situation, M. Jones.

IANTO : qu’est-ce que vous faites ?

ZEYNEP : je fuis ! Adieu !

IANTO : non !!!

Le SkyPuncher s’écrase au loin. Le portable de Ianto sonne

IANTO : oui ?

ZEYNEP : bonjour !

IANTO : qu..?

ZEYNEP : je suis bien en communication avec M. Jones ?

IANTO (hystérique) : oui ! Oui ! Vous êtes en vie ?

ZEYNEP : j’ai couru jusqu’à la carrière de sable, derrière l’immeuble. J’ai couru aussi loin que j’aie pu puis j’ai mis mon casque dans un sac rempli de sable et l’ai lancé de toutes mes forces. Le vaisseau. Il a l’air ok. Bon, il ne pourra plus voler, mais il se peut qu’on trouve des survivants.

IANTO : vous êtes sortie ? Vous les avez sauvés !

ZEYNEP : comme vous ! Alors les petites gens n’ont-elles pas bien œuvré ?

IANTO : si !

ZEYNEP (joyeuse) : je vous aperçois dans le ciel. J’ai toujours rêvé de faire du saut en parachute.

IANTO : pas moi !

ZEYNEP : rude journée. En quoi puis-je vous aider M. Jones ?

IANTO : oh, non, merci. Tout est bien assuré.

ZEYNEP : alors je vous souhaite un agréable atterrissage.

IANTO (bafouillant) : mais vous n’allez pas… Vous ne voulez pas m’attendre ?

Zeynep glousse

IANTO : pour vous remercier !

ZEYNEP : vous avez mon numéro (elle rit). Inch’Allah M. Jones. (elle raccroche)

IANTO : inch’Allah Zeynep. Inch’Allah.

Torchwood Theme

FIN

Ecrit par chrismaz66 

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Daisy2860, Hier à 18:24

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Daisy2860, Hier à 18:25

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Supersympa, Hier à 18:25

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